login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10393
Sommaire Publication complète Par article 15 / 36
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/sÛretÉ alimentaire

Eceh, coup de semonce de John Dalli

Bruxelles, 07/06/2011 (Agence Europe) - Mardi 7 juin, au terme de deux semaines d'investigations, la source de la contamination de la chaîne alimentaire en Allemagne par la bactérie mortelle Eceh n'était toujours pas identifiée. Une raison suffisante pour que John Dalli, commissaire européen à la Santé et à la Politique des consommateurs, hausse le ton, priant les États membres d'éviter désormais de s'abstenir de susciter inutilement la panique chez les consommateurs et de provoquer d'immenses dégâts chez les maraîchers européens, en communiquant à la légère sur la base de simples soupçons. Son coup de semonce a été donné devant le Parlement européen à Strasbourg, alors que le mal était déjà fait, et que les ministres de l'Agriculture devaient plancher quelques heures plus tard sur l'indemnisation des agriculteurs sinistrés par la crise de défiance (voir nouvelle précédente). Les eurodéputés, solidaires des victimes, ont été nombreux à réclamer une enquête approfondie permettant d'identifier ce qui n'a pas fonctionné, au niveau européen et en Allemagne, pour qu'on en soit arrivé là, à demander l'indemnisation des agriculteurs affectés et la restauration de la confiance des consommateurs sérieusement mise à mal. Pour le commissaire, ce n'est pas le système d'alerte rapide en soi qui est en cause, mais son amélioration.

« Comme nous le savons tous, le soupçon initial des autorités allemandes sur les concombres espagnols n'a été confirmé par aucun résultat disponible à ce jour. Il est crucial que les autorités nationales ne se précipitent pas pour donner des informations sur les sources d'infection qui ne sont pas prouvées par une analyse bactériologique, car cela suscite des craintes injustifiées chez la population dans toute l'Europe et crée des problèmes pour nos producteurs qui vendent leurs produits dans l'UE et en dehors de l'UE », a déclaré John Dalli. Rappelant une fois de plus que le système d'alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF) « fonctionne », il a insisté sur la nécessité de tirer des leçons. « Je crois qu'il est de notre responsabilité d'être flexible et d'être rapide pour ajuster nos procédés et procédures pour répondre à ce type d'incident », a-t-il dit. Rappelant que l'épicentre de l'épidémie est « limité géographiquement à une zone qui entoure la ville de Hambourg » et que les investigations s'intensifient pour identifier la source de contamination, il a ajouté: « Nous considérons que toute interdiction d'un quelconque produit est disproportionnée ».

Au cours du débat, les autorités allemandes ont été pointées du doigt par plusieurs eurodéputés pour leur manque de communication et de coordination. Lenteur, inefficacité, accusations mensongères étaient notamment sur les lèvres des parlementaires espagnols. « Il faut admettre que nous ne savons pas tout, admettre que nous sommes dans l'incertitude scientifique, admettre que parfois nous sommes dans l'ignorance. On ne peut à la fois contester ceux qui ont pris des décisions et considérer qu'il faut attendre. Je pense que c'est le principe de précaution qui doit prévaloir », a lancé Corinne Lepage (ADLE, française). Rebecca Harms (Verts/ALE, allemande) a plaidé pour « des laboratoires européens et une institution centrale, au niveau européen, qui soit dotée d'une capacité de décision ». Peter Liese (PPE, allemand) a estimé qu'il fallait se « concentrer sur l'identification de la source et la contrer ». Il a aussi appelé de ses vœux une accélération des travaux sur la résistance aux antibiotiques, la bactérie Eceh étant résistante aux antibiotiques. (A.N.)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES