Bruxelles, 05/05/2011 (Agence Europe) - Compte tenu de l'importance des produits industriels dans les exportations de l'UE (près de 75%), dans sa valeur ajoutée brute (près de 30%) et l'emploi (près de 30%), les socialistes et démocrates au Parlement européen réclament un plus grand engagement des États membres et de la Commission européenne pour rapprocher les stratégies industrielle et commerciale de l'UE. « Une crise économique profonde frappe l'industrie européenne, secteur de subsistance pour 57 millions de personnes dans l'UE, jetant beaucoup d'Européens au chômage, et la réponse apportée jusqu'à présent est insuffisante », a estimé mercredi le député français Kader Arif, à l'ouverture d'une conférence qui a réuni le 4 mai décideurs politiques et parties prenantes. Invité de marque de l'événement, le commissaire à l'Industrie Antonio Tajani a souligné la nécessité d'évaluer l'impact sur l'industrie de l'UE de tout accord de libre-échange négocié avant de le signer. « C'est un point crucial, et le groupe S&D exige l'évaluation des incidences le plus tôt possible, bien avant l'étape de la signature. En effet, le commerce ne devrait pas être un but en soi, mais un outil pour la prospérité dans les pays développés comme en développement. C'est pourquoi nous luttons pour inclure dans chaque accord de libre-échange des clauses relatives aux droits de l'Homme, aux normes sociales et au droit du travail, ainsi qu'aux normes environnementales », a insisté M. Arif. Son collègue allemand Bernd Lange plaide donc pour la création d'un groupe de travail permanent sur la politique industrielle, pour assurer la cohérence et l'efficacité de toutes les politiques des États membres de l'UE, dans le cadre d'un processus transparent et ouvert. « Le nouveau marché mondial offre de nouvelles opportunités à l'industrie européenne, mais nos firmes ont besoin d'un cadre politique réorienté pour créer des emplois de qualité. Nous devons nous assurer que les industries européennes ne sont pas mises en danger par des pratiques déloyales et garantir la réciprocité à nos entreprises », a insisté M. Lange, plaidant pour des mesures visant à combattre les barrières non-tarifaires, les aides publiques déloyales et le dumping monétaire, social et écologique. (E.H.)