Bruxelles, 04/05/2011 (Agence Europe) - C'est sur les sources d'énergie renouvelables qu'ont porté les préférences des ministres européens de l'Énergie, lors d'un premier échange de vues informel, mardi 3 mai à Gödöllö, sur la feuille de route énergétique à l'horizon 2050 que la Commission européenne doit présenter en novembre, et sur ses incidences sociales et économiques. Les énergies solaire, éolienne ou marémotrice se sont vues confier un rôle phare à long terme, mais les ministres ont aussi, d'après le condensé des discussions fourni par le ministre hongrois Tamás Fellegi, président du Conseil ce semestre, insisté sur la nécessité que les efforts de réduction d'émissions de CO2 dans la production d'électricité n'altère pas la sécurité énergétique, mais aussi que soit garantie à l'avenir une énergie à un coût abordable pour tous les ménages. Conscients que la transition vers une Europe plus verte aura un coût important, et nécessitera une hausse des prix de l'énergie, des ministres ont toutefois insisté sur la nécessité d'encourager les consommateurs à opter pour les énergies renouvelables. Plusieurs délégations ont en revanche aussi plaidé pour conserver un rôle important pour le gaz et le nucléaire dans la satisfaction des besoins énergétiques.
Un avenir plus sobre en carbone à l'horizon 2020 passe également par l'efficacité énergétique et les économies d'énergie, ont insisté de concert le ministre hongrois Fellegi et le commissaire à l'Énergie Günther Oettinger. Donnant logiquement suite à la feuille de route pour la transition de l'UE vers une économie à faible teneur en carbone d'ici 2050, adoptée le 8 mars, la feuille de route énergétique à l'horizon 2050 s'inscrit dans le contexte de l'engagement de l'UE à réduire entre 80 et 95% ses émissions à l'horizon 2050, en deçà de leurs niveaux de 1990. M. Oettinger insiste sur la nécessité de définir précisément des stratégies à moyen terme, en particulier à l'horizon 2030. En sus des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique, le commissaire mise sur le rôle prioritaire du stockage d'énergie et des technologies de captage et stockage de carbone.
M. Oettinger a aussi évoqué les dimensions sociales et budgétaires de la feuille de route énergétique à l'horizon 2050, soulignant que les efforts pour améliorer l'efficacité énergétique nécessiteront un engagement financier important de la part des États membres. Reste que l'objectif de long terme est, selon le commissaire, d'abandonner le recours au charbon pour la production énergétique. La Présidence hongroise va désormais préparer une synthèse des contributions des États membres sur la feuille de route énergétique 2050, qui sera présentée au Conseil Énergie du 10 juin. (E.H.)