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Bulletin Quotidien Europe N° 10349
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/mÉditerranÉe

Un enjeu majeur pour l'Europe

Bruxelles, 31/03/2011 (Agence Europe) - « Réfléchir à l'avenir des relations euro-méditerranéennes dans leur ensemble (est) pour la France, pour l'Europe, pour les pays du sud de la Méditerranée, un enjeu majeur », a affirmé le 30 mars devant l'Assemblée nationale de son pays le ministre français des Affaires étrangères. Alain Juppé a réaffirmé l'intérêt de l'UpM (Union pour la Méditerranée) dont son pays assume encore (théoriquement) la co-présidence: « Les bouleversements en cours sur la rive Sud montrent à quel point cette initiative était prémonitoire. Ils montrent à quel point nous partageons une communauté de destin avec nos voisins méditerranéens. Si la démarche de partenariat qui sous-tend l'Union pour la Méditerranée prend tout son sens, c'est bien aujourd'hui, au moment où nous allons avoir pour interlocuteurs de nouveaux gouvernements responsables et incarnant une volonté de changement démocratique ». Il a cependant reconnu que « malheureusement, l'UpM s'est heurtée au blocage du processus de paix au Proche-Orient ». De même, a-t-il estimé que le processus de Barcelone, lancé en 1995, « n'a pas, pour diverses raisons, donné les résultats souhaités ». Pourtant, l'UE « a fait de ses relations avec la Méditerranée une priorité, en engageant, dans le cadre du processus de Barcelone, une politique d'association et d'ouverture commerciale en direction de ses voisins du Sud ».

Actuellement, rappelle-t-il, en citant notamment la Tunisie, « un grand vent de liberté (…) se propage dans l'ensemble de la région. Chacun à son rythme, les peuples sont en train d'écrire une nouvelle page de leur histoire. Chacun avec ses spécificités, ils sont en train de créer leur propre modèle ». C'est une
« nouvelle donne qui se dessine au sud de la Méditerranée, l'Europe doit l'accompagner. Elle doit d'abord l'accompagner, sans paternalisme ni idée préconçue, pour que la transition démocratique puisse être menée à bien ». L'Europe doit « favoriser l'émergence d'une zone de stabilité et de prospérité dans son voisinage méridional immédiat. C'est tout le sens du nouveau 'partenariat pour la démocratie et la prospérité partagée au sud de la Méditerranée', présenté par Catherine Ashton et la Commission, que nous souhaitons mettre en place dans le cadre de l'Union européenne ». À son avis, « le premier axe, c'est la priorité financière » et
« dans ce contexte, nous souhaitons que les deux tiers au moins de (l'enveloppe « voisinage ») continuent à être consacrés à la Méditerranée, notamment dans les perspectives financières pour 2014-2020. C'est un combat qu'il va falloir mener parce que l'unanimité n'est pas évidente sur ce point à Bruxelles ». Sur l'investissement, il faut, selon M. Juppé, « continuer à avancer sur l'idée d'un instrument d'investissement spécifique à la Méditerranée - une banque d'investissement pour la Méditerranée -, par exemple à partir de la facilité euro-méditerranéenne d'investissement et de partenariat, ce qu'on appelle la FEMIP ». Enfin, il faudrait, une « refondation de la politique européenne de voisinage » et « la promotion d'une approche globale des migrations (qui) passe d'abord par une action déterminée des pays de la rive Sud dans le contrôle de leurs frontières et la lutte contre l'immigration clandestine ».

Libye: l'UE « entend jouer tout son rôle pour trouver une issue à la crise en Libye: d'abord, en continuant à accentuer la pression par des sanctions pour obtenir le départ de Kadhafi ; ensuite, en marquant sa disponibilité à soutenir le peuple libyen dans la transition qu'il lui appartient de conduire vers la démocratie, dans le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la Libye ; enfin, en appuyant des opérations humanitaires et de protection civile, y compris par des moyens maritimes ». (F.B.)

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