Bruxelles, 31/03/2011 (Agence Europe) - L'Union européenne, toujours favorable à l'adoption d'un accord climatique mondial, ambitieux et contraignant pour l'après-2012 à l'issue de la période d'engagement du Protocole de Kyoto, souhaite jouer un rôle primordial dans son élaboration. Les ministres de l'Environnement des 27 sont convaincus du bien-fondé de cette ambition. Ils l'ont exprimé, la semaine dernière lors de la réunion du Conseil informel de Gödöllö (26 mars 2011). Pour autant, les avis sont encore partagés quant aux modalités de sa réalisation.
« À Gödöllö, les vingt-sept États membres ont unanimement souligné l'importance que revêt la capacité de l'UE à agir de manière concertée et proactive lors de la conférence sur la protection du climat qui aura lieu à Durban (COP 17, Afrique du Sud ) fin 2011 », a déclaré à la presse Tamás Fellegi, ministre hongrois du Développement national, qui présidait la réunion. Rappelant que la situation était déjà difficile sous Kyoto, Connie Hedegaard, commissaire européenne à l'Action pour le climat, a confié qu'elle serait « encore plus difficile sans accord », raison pour laquelle l'engagement de Kyoto - fruit de plusieurs années de négociations - « doit être maintenu ».
La réunion de Gödöllö a fourni l'occasion d'un premier échange de vues sur la stratégie à adopter, étant entendu que les conclusions sur l'après-Cancún (COP 16 en décembre dernier), adoptées le 14 mars par le Conseil Environnement, ne soufflaient mot sur le sujet. Les ministres ont réitéré la nécessité d'un accord global et juridiquement contraignant pour tous les émetteurs importants de CO2. L'adoption d'un accord international d'ici à la fin 2012 étant toutefois peu probable, ils ont estimé que, même si un accord voyait le jour pour l'après-Kyoto, la probabilité était grande qu'il y ait une période transitoire de quelques années entre la période d'engagement de Kyoto et la nouvelle période d'engagement. Des mesures juridiques spécifiques pourraient donc être nécessaires pour la période transitoire.
Tous ont souligné la nécessité d'améliorer la communication avec les pays en développement, auxquels le Protocole de Kyoto n'impose pas d'objectif contraignant. Alors que sept pays (Allemagne, Danemark, Espagne, Grèce, Portugal, Suède et Royaume-Uni) prônent d'ores et déjà le rehaussement de l'offre européenne (une réduction de 30% à l'horizon 2020 par rapport à 1990), sans attendre que les autres parties prennent des engagements comparables (EUROPE n°10338), certains ministres ont proposé des stratégies de négociation quant à d'éventuels nouveaux engagements de l'UE et aux mesures à prendre si des pays gros émetteurs (comme les États-Unis et les pays émergents, notamment) n'étaient pas disposés à s'engager. Plusieurs ministres ont souligné combien il importe de définir clairement, lors du Conseil Environnement d'octobre, la position de l'UE pour le prochain cycle de négociations en Afrique du Sud.
La « feuille de route vers une économie à faible teneur en carbone en 2050 » (EUROPE n° 10331) exposant des méthodes peu coûteuses pour permettre à l'UE de réduire ses émissions de CO2 de 80 à 95 % par rapport au niveau de 1990 a nourri le débat, en offrant une perspective à long terme, avec deux étapes intermédiaires: une réduction de 40 % d'ici à 2030 et de 60 % d'ici à 2040. (A.N.)