Bruxelles, 29/03/2011 (Agence Europe) - Alors que près d'un millier de personnes venant de Tunisie et de Libye, selon l'AFP, sont arrivées sur l'île de Lampedusa dans la nuit de lundi à mardi, le groupe S&D du Parlement européen a demandé à son tour, mardi 29 mars à la Commission européenne, d'appeler les pays de l'UE à organiser rapidement une réunion des ministres de l'Intérieur sur le sujet, indique un communiqué du groupe, cela pour mettre sur pied une réponse commune à l'urgence de la situation sur l'île italienne.
Pour Juan Fernando Lopez Aguilar, président de la commission des libertés civiles du PE, les nouvelles qui arrivent de Lampedusa « sont de plus en plus inquiétantes » notamment en raison des lacunes dans la gestion de la crise par les autorités italiennes, dit M. Lopez Aguilar. « L'Italie et l'UE ne peuvent laisser une petite île prendre en charge un tel afflux, quotidien et massif, de réfugiés », poursuit-il. Il estime que la commissaire Cecilia Malmström doit « immédiatement » donner effet aux conclusions du Conseil européen du 11 mars dernier qui avaient évoqué une réunion du Conseil JAI « sans délai ». M. Lopez Aguilar estime encore qu'il est « temps pour les pays de l'UE de montrer une réelle solidarité et de s'accorder pour réinstaller une partie des réfugiés récemment arrivés ». Pour David Sassoli, le chef de la délégation italienne du S&D, il est également temps que Silvio Berlusconi convainque « les autres dirigeants européens de sa famille politique d'activer le mécanisme de solidarité prévu par la directive sur la protection temporaire (55/2001) ».
À ce stade, il n'est pas question d'un Conseil JAI spécial, rappelle une source, à l'exception de la réunion qui se tiendra les 11 et 12 avril prochains à Luxembourg et qui portera notamment sur les premiers contacts que les autorités européennes (Commission et présidence) auront pris avec les pays de la région d'où proviennent les réfugiés pour aborder la problématique migratoire. Pour cette source, les conclusions n'évoquaient d'ailleurs pas de réunion extraordinaire du Conseil JAI mais bien la mise en place de contacts avec les pays de la région. Pour d'autres, comme la France, ces conclusions évoquaient bien la convocation d'un JAI spécial. Une nécessité, estime quoi qu'il en soit le groupe S&D, qui se demande si au vu de la situation à Lampedusa on peut attendre jusqu'aux 11 et 12 avril, reprécise une source du groupe. (S.P.)