Bruxelles, 29/03/2011 (Agence Europe) - L'UE fait monter la pression sur le gouvernement et l'opposition albanaise pour qu'ils mettent fin à la crise politique qui persiste depuis les élections de juin 2009 et entament les réformes dont le pays a cruellement besoin pour pouvoir progresser sur la voie de l'intégration européenne. Le commissaire à l'Élargissement, Stefan Füle, sera ce mercredi 30 mars à Tirana pour des entretiens avec le Premier ministre Sali Berisha, le chef de l'opposition Edi Rama et le président Bamir Topi. Dans son rapport annuel 2010, la Commission européenne avait conclu que l'Albanie n'a pas déjà la maturité politique et démocratique pour être reconnue comme pays candidat à l'adhésion. Le rapport a, en revanche, identifié 12 réformes prioritaires qui doivent avoir été réalisées avant que le pays puisse espérer une recommandation positive de la Commission sur le statut de candidat. « Le commissaire insistera à Tirana sur l'importance et l'urgence de traiter de ces douze priorités. Or, cela ne sera pas possible sans un dialogue constructif » entre le gouvernement et l'opposition, a déclaré la porte-parole de M. Füle mardi 29 mars devant la presse à Bruxelles. M. Füle participera à Tirana à un séminaire que la Commission organise pour aider les autorités albanaises à mettre en œuvre les réformes requises. Même si l'UE est disposée à fournir une assistance, le principal effort devra venir de Tirana même, insiste-t-on à Bruxelles. L'Albanie bénéficie, comme tous les pays des Balkans, d'une perspective européenne « mais elle ne pourra pas en bénéficier si elle ne fait pas ses devoirs. Personne ne peut les faire à sa place », a dit la porte-parole de M. Füle.
Les élections locales programmées pour le 8 mai prochain seront un véritable « test » pour la maturité politique et démocratique de l'Albanie, a aussi souligné mardi 29 mars un haut fonctionnaire européen chargé des relations avec les pays des Balkans. L'UE veut que ce scrutin soit « libre et équitable » et qu'il se rapproche le plus possible des critères de l'UE et des normes internationales en la matière, a-t-il dit. Après les élections législatives litigieuses de juin 2009 (dont les résultats sont toujours contestés par l'opposition socialiste), l'OSCE avait formulé plusieurs dizaines de recommandations pour améliorer la législation électorale mais jusqu'à ce jour « aucun effort sérieux » n'a été fait par les responsables politiques du pays pour y donner suite, selon ce fonctionnaire. Pressés par l'UE, le gouvernement et l'opposition albanaise ont finalement accepté de se mettre autour d'une table pour parler de l'organisation des élections et de questions très délicates telles que l'établissement des listes électorales, la procédure de décomptage, etc.. « Nous espérons qu'il s'agisse d'un point de départ » pour une réforme plus vaste de la législation électorale, même si le temps jusqu'au 8 mai est très court et qu'il n'y a que peu d'espoir d'arriver à un consensus d'ici là, a commenté le fonctionnaire. (H.B.)