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Bulletin Quotidien Europe N° 10347
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/Économie

Les députés planchent sur un nouveau modèle d'intégration

Bruxelles, 29/03/2011 (Agence Europe) - La commission parlementaire spéciale du Parlement européen sur la crise planche sur un nouveau modèle d'intégration qui permettrait à l'Union européenne de tourner la page de la crise financière, économique et sociale. Après avoir présenté un rapport intérimaire en septembre 2010 (EUROPE n°10226), elle adoptera fin mai son projet de rapport définitif concocté par la socialiste française Pervenche Berès que le PE devrait voter lors de la session plénière de juillet.

Trois ans après le déclenchement de la crise, peu de choses ont été résolues, a déclaré Mme Berès, convaincue qu'une des leçons à en tirer est la nécessité d'« approfondir le projet européen ». Selon elle, les eurodéputés doivent dire clairement comment renforcer l'intégration européenne et, si ce n'est pas possible à Vingt-sept, une « coopération renforcée » entre pays de la zone euro est requise car ces États membres « ont une responsabilité particulière pour eux-mêmes et pour l'Europe ».

En matière de gouvernance économique, le projet de rapport préconise la création d'un « Trésor européen » afin de renforcer le pilier économique de l'Union économique et monétaire. Pour gagner en compétitivité, des réformes structurelles « adaptées » s'avèrent nécessaires ainsi que des dépenses publiques « équilibrées » car « la discipline budgétaire en soi ne résoudra pas tous les problèmes ». Posant la question du financement des investissements de long terme, notamment dans « l'éducation », Mme Berès s'est inquiétée des plans d'austérité qui demandent aux pays concernés de poursuivre la mise en œuvre de la stratégie « EUROPE 2020 » mais n'autorisent pas la prise en compte de dépenses autres que celles introduisant des systèmes de retraites par capitalisation.

Le rapporteur défend également l'émission d'« euro-obligations » pour la partie de la dette publique non excessive au regard du Pacte de stabilité et de croissance (part représentant moins de 60% du PIB national). Titres financiers de premier rang, ces euro-obligations requièrent un pas supplémentaire vers une politique économique et budgétaire commune. Le projet de rapport prône également un budget communautaire « compris entre 5% et 10% du PIB de l'UE », les budgets nationaux diminuant de façon équivalente.

Au niveau international, le rapporteur est d'avis qu'un nouveau système monétaire doit voir le jour afin d'affronter les déséquilibres macro-économiques. Lesquels ont un réel impact dans l'UE. « Aujourd'hui, le débat est centré sur les écarts de compétitivité. Au nom de ces écarts, on demande aux citoyens des efforts considérables, qu'on peut qualifier de politiques d'austérité. Or, les mouvements spéculatifs sur les monnaies balaient d'un revers de main les efforts demandés », a constaté Mme Berès. (M.B.)

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