Bruxelles, 24/03/2011 (Agence Europe) - Le Parlement européen, réuni en mini-session à Bruxelles, jeudi 24 mars, a adopté à une large majorité le rapport de Dominique Baudis (PPE, français) sur la coopération avec les pays du CCG (Conseil de coopération du Golfe) en l'accompagnant de commentaires sur la situation critique au Bahreïn, sous forme d'une résolution qui condamne fermement la répression violente des manifestations populaires et appelle les six monarchies pétrolières à ne plus tourner le dos aux aspirations de leurs citoyens à la démocratie. Elle les invite à s'inscrire dans un dialogue politique avec la société civile émergente pour une véritable transition démocratique et pacifique. À la veille de la tenue le 20 avril prochain de la réunion ministérielle annuelle entre l'UE et le CCG à Abou Dhabi, les députés souhaitent que des sommets réguliers au niveau des chefs d'État soient organisés. Les députés demandent que l'UE renforce sa présence diplomatique dans la région, notamment par la mise en place d'une délégation dans chacun des six États du CCG (l'Arabie saoudite, Oman, le Koweït, Bahreïn, les Émirats arabes unis et le Qatar).
Sur la coopération, le rapport Baudis appelle à la poursuite des négociations commerciales avec le CCG et ses six États membres et déplore que l'accord de libre-échange (ALE) en négociation depuis 20 ans n'ait toujours pas été conclu alors que, selon le Parlement, « la majeure partie du travail a été accomplie ». Le rapport propose d'étendre la coopération bilatérale aux domaines de l'éducation, de la recherche, de l'énergie. Des synergies entre CCG, l'Union pour la Méditerranée et l'UE devraient être encouragées notamment dans les secteurs de l'efficacité énergétique, de la lutte contre le changement climatique, du gaz naturel et de la sûreté nucléaire, suggère le rapport.
Sur le dialogue politique, le Parlement souligne avec force la nécessité de garantir le respect des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, en particulier le droit à la liberté d'expression et de réunion. Dans le contexte actuel de manifestations en faveur d'une démocratisation dans certains États membres du CCG, les députés appellent à la fin immédiate de la répression violente des citoyens manifestant pacifiquement par les autorités de Bahreïn. Ils s'inquiètent de l'intervention de soutien à ces mesures de troupes issues d'Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et du Koweït sous la bannière du CCG.
Par ailleurs, l'eurodéputée Angelika Niebler (PPE, allemande), présidente de la délégation parlementaire européenne pour la coopération avec la péninsule arabe, « constate avec une grande préoccupation la détérioration de la situation » au Bahreïn caractérisée par le déploiement d'une coalition conduite par l'armée saoudienne et l'imposition de lois d'exception. Dans une déclaration, elle confie sa « profonde détresse » devant « l'usage excessif de la force contre des manifestants pacifiques, les attaques d'ambulances et contre des hôpitaux » et elle « appelle à cesser immédiatement les violences », sans toutefois en désigner explicitement les auteurs. « Nous invitons les autorités bahreïnies à trouver une réponse pacifique, par le dialogue politique, aux revendications légitimes » de la population, ajoute-t-elle. Elle demande à ces autorités de « respecter leurs engagements » au titre de la loi internationale sur les droits de l'Homme et les droits humanitaires, y compris de faciliter le secours aux blessés. (F.B.)