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Bulletin Quotidien Europe N° 10344
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/sommet social

Tabler sur la croissance et l'emploi, message syndical reçu

Bruxelles, 24/03/2011 (Agence Europe) - La manifestation des syndicats, qui a paralysé le centre de Bruxelles pour dénoncer l'austérité et la remise en cause des droits acquis, a marqué les travaux du Sommet social tripartite, jeudi 24 mars. Tant le président de la Commission européenne José Manuel Barroso que le président du Conseil européen Herman van Rompuy et le Premier ministre hongrois Viktor Orban ont déclaré, à l'issue des travaux, avoir reçu le message des manifestants et avoir bien noté leurs demandes. Les discussions au sein du Sommet social ont porté sur les conséquences de la consolidation budgétaire et fiscale sur la croissance et l'emploi ainsi que sur l'autonomie des partenaires sociaux (EUROPE n° 10343).

La situation s'améliore, avec une croissance plus forte, mais cette reprise est fragile, a souligné José Manuel Barroso, qui s'est dit à l'écoute des manifestants. Une fragilité due à des inégalités entre États membres et au sein de la société civile. Une chose est sûre, selon le président: l'assainissement budgétaire et les réformes structurelles sont nécessaires, entre autres, si on veut susciter plus d'investissements. Il est essentiel aussi, selon M. Barroso, de renforcer l'autonomie des partenaires sociaux et l'importance du dialogue social. Le 'Pacte pour l'euro' renforcera également notre capacité d'action, a poursuivi José Manuel Barroso qui a également estimé « important d'arriver à un consensus le plus large possible sur les objectifs communs que sont la croissance et l'emploi ».

Herman Van Rompuy a rappelé que le Conseil européen allait adopter jeudi soir un paquet global de mesures visant à préserver la stabilité financière, et a dit, à l'attention des manifestants: « Notre but ultime est la création de postes d'emplois, le renforcement de la compétitivité et le maintien de notre modèle social, garant de la croissance économique. Nous notons vos demandes. Il n'est pas question qu'on touche à la protection sociale ». Herman Van Rompuy a rappelé que « le paquet économique couvre le Pacte pour l'euro - qui est cohérent - et permettra d'aller dans le sens d'une meilleure stabilité économique ». Le président du Conseil européen a lui aussi affirmé que les efforts à entreprendre seront axés sur la création d'emplois, la compétitivité des entreprises et le maintien du modèle social européen. Le pacte renforce tout cela. Les partenaires sociaux ont un rôle à jouer dans la réforme des marchés du travail, l'apprentissage tout au long de la vie ou encore l'éducation. Et de conclure: « Il n'y a pas de contradiction entre le fait de faire des efforts d'un point de vue économique et la création d'emplois ».

Viktor Orban a fait part d'une bonne nouvelle pour les manifestants, à savoir que toutes les chances sont réunies pour arriver, lors du Sommet des chefs d'État et de gouvernement de juin prochain, à un accord qui crée de l'emploi et réduit les déficits budgétaires. « Notre objectif est de trouver le nouveau modèle pour l'Europe après la crise. Pour cela, il faut deux choses: réduire les déficits publics et donner du travail à tous ceux qui veulent travailler », a souligné le Premier ministre hongrois. L'accord de tous a été obtenu sur ce point. Viktor Orban a toutefois fait remarquer que la croissance n'est pas nécessairement créatrice d'emplois. « L'Europe a besoin d'emplois pour créer la relance et la croissance », a-t-il ajouté. En matière d'emploi, l'État a un rôle à jouer dans l'organisation de travaux publics pour tout un chacun, a estimé Viktor Orban. Il a rappelé qu'il existe des tranches de la population qui ne peuvent pas bénéficier de la croissance parce que soit elles n'ont pas la formation ou les compétences requises, soit elles sont trop âgées.

Le secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES) - organisatrice des manifestations dans diverses villes européennes - John Monks a jugé la réunion de ce jeudi « bonne », l'accent ayant été mis par tout le monde sur la nécessité d'avoir de la croissance et des emplois, de prendre davantage en considération la dimension sociale. Et de conclure sur une note réaliste: « Les travailleurs vont payer la crise du marché du travail, elle-même provenant de la crise des marchés financiers ».

Le directeur général de BusinessEurope, Philippe De Buck, a d'entrée de jeu apporté son soutien au Pacte pour l'euro, « qui est une bonne chose, la clé de voûte pour l'avenir ». Il ne comprend pas l'hostilité des syndicats à l'égard de ce 'Pacte pour l'euro'. Il s'est dit d'accord avec les syndicats sur le fait que l'on a besoin de croissance et d'emplois, de compétitivité et d'un dialogue social autonome mené de manière responsable. Aux manifestants qui ont des craintes pour l'avenir, Philippe De Buck dit: « Les entreprises sont prêtes à travailler d'une manière compétitive, à condition que les choses soient claires, c'est-à-dire qu'il faut un marché du travail actif, la sécurité et l'information ».

Où est le Pacte pour l'emploi proposé par la Commission Barroso? Répondant à un journaliste, José Manuel Barroso a affirmé: « Le Pacte pour l'emploi, c'est la stratégie UE 2020 laquelle porte sur la croissance et l'emploi, l'emploi qui est au centre de nos efforts ». L'objectif est de rétablir la croissance et l'emploi. Grâce à une coopération « excellente » avec Herman van Rompuy pour la consultation avec les États membres, M. Barroso a noté que « les choses sont en ordre: le Pacte pour l'euro est compatible avec le traité et la stratégie UE 2020. Oui, c'est un Pacte pour l'emploi », a conclu José Manuel Barroso. « Notre but ultime », a poursuivi Herman Van Rompuy, « c'est la stabilité de notre économie et le développement de l'emploi. On va assister aux premiers signes de croissance et d'emplois. Chacun doit y mettre sa responsabilité, individuellement et collectivement ».

À propos du respect de l'autonomie des partenaires sociaux, José Manuel Barroso a rappelé que le Pacte pour l'euro relève de la compétence nationale. « La tradition du dialogue social sera toujours respectée. Et si on parle de compétitivité au plan européen, il sera difficile aux chefs d'État et de gouvernement de ne pas parler des salaires. Il est nécessaire d'en parler mais ce n'est pas pour autant que Bruxelles va déterminer ce qui doit se faire dans les États membres. Notre idée n'a jamais été de toucher à cette compétence. Notre idée est de tabler sur la croissance », a conclu le président Barroso. (G.B.)

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