Bruxelles, 24/03/2011 (Agence Europe) - Les chefs d'État et de gouvernement de l'UE, réunis en Conseil européen, ont fait le point jeudi soir 24 mars, au dîner, sur la situation en Libye. À l'heure de mettre sous presse, il n'était pas encore clair si et comment les Vingt-sept, divisés sur l'intervention militaire en cours, allaient se prononcer sur le déroulement et la finalité militaire et politique de l'opération. La France et le Royaume-Uni, qui ont fait un exposé des opérations militaires, souhaiteraient que les conclusions du Conseil européen évoquent la satisfaction de l'UE sur le fait que la zone d'exclusion aérienne (no-fly zone) ait permis d'empêcher les troupes de Kadhafi de commettre de nouveaux massacres dans la population et de prendre Benghazi. Même l'Allemagne, la Pologne et les autres pays membres qui ont choisi de ne pas participer aux opérations militaires devraient pourvoir souscrire à un tel constat. Pour le reste, on ne s'attend pas à ce que les conclusions du Conseil européen aillent beaucoup plus loin que celles adoptées par le Conseil Affaires étrangères du lundi 21 mars (EUROPE n° 10341). Dans ce texte, les 27 avaient salué la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU et réitéré leur détermination à participer à sa mise en œuvre - mais de manière « différenciée ». Les chefs devraient aussi confirmer que le but principal de l'UE est de protéger la population civile et de contribuer à ce que le peuple libyen puisse réaliser ses aspirations à une société démocratique. Comme l'ont fait les ministres des Affaires étrangères lundi, le Conseil européen devrait aussi réclamer, une fois de plus, que Kadhafi quitte « immédiatement le pouvoir ». Il n'était pas prévu que les 27 débattent des détails militaires de l'intervention qui ne concerne qu'une partie d'entre eux. D'autant plus que les deux principaux protagonistes de l'opération, la France et le Royaume-Uni, ont des avis divergents sur le transfert du commandement à l'OTAN. Paris est d'accord pour que l'Alliance atlantique prenne le commandement des opérations militaires, mais pas du « pilotage politique ». Londres, en revanche, estime que l'OTAN doit diriger les opérations de la coalition internationale « aussi vite que possible ».
Voisinage méridional. Les dirigeants ont rapidement évoqué jeudi soir l'avenir des relations avec les pays de la région sur base des orientations dégagées lors du Conseil européen du 11 mars. Le projet de conclusions, vu par EUROPE, demande que des « progrès rapides » soient enregistrés dans les domaines suivants: - l'UE et ses États membres intensifieront leur assistance humanitaire; - l'UE poursuivra le dialogue avec les pays concernés de la région sur le soutien financier et technique destiné à améliorer le contrôle et la gestion des frontières, ainsi que sur les mesures visant à faciliter le retour des migrants dans leur pays d'origine; - un accord devrait être dégagé d'ici juin 2011 sur le règlement renforçant les capacités de Frontex ; - le plafond applicable aux opérations de la BEI en faveur des pays méditerranéens qui entreprennent des réformes politiques devrait être relevé d'un milliard d'euros; - les travaux devraient avancer rapidement sur la proposition de la Commission visant à étendre aux opérations menées par la BEI dans le voisinage méridional la possibilité de réinvestir les fonds qu'elle récupère d'opérations antérieures; - les actionnaires de la BERD devraient étudier la possibilité d'étendre les activités de la banque aux pays du voisinage méridional; - les propositions relatives aux règles d'origine pan-euro-méditerranéennes devraient être adoptées sans tarder. (H.B.)