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Bulletin Quotidien Europe N° 10322
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/omc/doha

Pascal Lamy rappelle à l'ordre les 153 pays membres

Bruxelles, 23/02/2011 (Agence Europe) - Les négociations commerciales multilatérales du round de Doha progressent, mais le rythme est bien trop lent pour atteindre l'objectif pourtant partagé par les 153 pays membres de l'OMC de boucler un accord avant la fin 2011. S'exprimant mardi 22 février devant le Conseil général de l'OMC, Pascal Lamy a lancé un nouvel avertissement aux délégations, les pressant d'aplanir les divergences sur les questions les plus épineuses encore en suspens.

L'impulsion par le G20 de Séoul à l'automne dernier, puis par plusieurs dirigeants lors du Forum économique mondial de Davos fin janvier avait ravivé l'espoir de conclure cette année le laborieux round de Doha lancé en 2001, et dans l'impasse depuis la ministérielle de 2008 à Genève. Le directeur général de l'OMC avait fixé une première échéance à Pâques pour bâtir des textes de compromis révisés et une seconde à l'été pour le finaliser. Il convoquerait ensuite en décembre à Genève une conférence ministérielle pour signer l'accord global définitif. Mais, fin février, les progrès enregistrés sont loin du compte.

S'adressant au Conseil général de l'OMC mardi, M. Lamy a indiqué qu'il jugeait « encourageantes » les récentes discussions tenues entre les hauts fonctionnaires des principaux pays membres, mais il a insisté sur la nécessité d'une « accélération majeure à tous les niveaux - multilatéral, purilatéral et bilatéral ». « La fenêtre d'opportunité (de conclure en 2011) est toujours là, mais elle s'amenuise chaque jour », a-t-il averti. Aucune des vingt délégations qui ont pris la parole mardi n'a contredit le patron de l'OMC ; l'UE, les États-Unis et les pays en développement qui se sont exprimés ont tous salué une ambiance de travail plus constructive, mais ont déploré l'absence de percée sur le fond.

Si l'agriculture - incluant les questions des subventions à la production et à l'exportation octroyées par les pays riches, de l'accès au marché agricole des pays riches, et du mécanisme de sauvegarde spéciale pour l'agriculture des pays en développement - continue d'animer les débats, reste également à boucler les discussions sur les chapitres du commerce des services, des règles (rules), et des accords sectoriels (sectorals) dans l'industrie, qui visent une élimination progressive, sur une base volontaire, des tarifs dans 14 secteurs industriels clés tels que l'automobile, l'électronique, les machines, les jouets et les textiles. Enfin, les débats incluent aussi la question de l'ouverture des marchés pour les produits écologiques (pour un état des lieux des négociations sur l'environnement, voir EUROPE n° 10311) ou encore les subventions à la pêche.

Reste que pour chacune de ces questions, les discussions stagnent. « Je n'ai rien entendu qui soit neuf. Nous perdons un jour chaque jour », regrettait la semaine dernière le médiateur agricole à l'OMC, l'ambassadeur néo-zélandais David Walker. Plusieurs ambassadeurs ont demandé à M. Lamy d'alerter les capitales, et d'enjoindre à leurs ministres du Commerce et leurs négociateurs à l'OMC de faire preuve de plus de souplesse. Tous ont conscience que la campagne présidentielle américaine en 2012 devrait retarder un peu plus la conclusion du round, si elle n'intervenait pas dès cette année.

Reste aussi posée la question du format d'un compromis. Plusieurs délégations - Mexique, Chili, Colombie, Corée du Sud, Turquie et Suisse - ont fait valoir mardi la nécessité d'étendre à d'autres pays membres le processus de négociation entamé la semaine dernière au niveau des hauts fonctionnaires et réduit aux puissances commerciales représentant les pays développés - Australie, Canada, États-Unis, Japon et UE - et émergents - Afrique du Sud, Argentine, Brésil, Chine et Inde - et incluant Maurice au nom des ACP. (E.H.)

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