Bruxelles, 23/02/2011 (Agence Europe) - Avec sa révision du Small Business Act (SBA), adoptée mercredi 23 février, la Commission européenne veut donner « un signal fort » aux petites et moyennes entreprises (PME) européennes, qui sont un instrument pour la création d'emplois et qui peuvent même jouer un rôle, avec leur internationalisation, dans la consolidation de la démocratie en Afrique du Nord et au Proche-Orient. C'est le vice-président de la Commission, et responsable de l'Industrie et de l'Entrepreneuriat, Antonio Tajani, qui l'a dit, en présentant les nouvelles mesures que la Commission se propose de prendre.
La stratégie EUROPE 2020 et l'économie européenne sont largement tributaires de la capacité des PME, qui ont perdu dans la crise trois millions d'emplois, à exploiter pleinement leur potentiel. Au sein de l'UE, quelque 23 millions de PME emploient 67 % de la main-d'œuvre du secteur privé. Le SBA est le cadre stratégique de l'UE visant à renforcer les PME pour leur permettre de se développer et de créer des emplois. Entre 2008 et 2010, la Commission et les États membres de l'UE ont mis en œuvre des actions définies dans le cadre du SBA afin d'alléger les charges administratives et de faciliter l'accès des PME au financement et aux nouveaux marchés. Si la plupart des initiatives prévues par le SBA ont d'ores et déjà été lancées, l'examen de sa mise en œuvre permet de constater qu'il reste encore beaucoup à faire.
C'est pour cela que l'Exécutif a nommé un Monsieur PME: un fonctionnaire qui va être l''ambassadeur européen' des petites et moyennes entreprises et qui a été présenté par M. Tajani à la presse. Le choix, qui a été avalisé la semaine passée par le Collège, est tombé sur Daniel Calleja Crespo, directeur général adjoint à la direction générale Industrie et Entreprise, qui sera chargé de veiller à la mise en œuvre correcte et complète du Small Business Act dans les 27 pays membres de l'UE. Outre la création du poste de Monsieur PME, la révision du SBA prévoit nombre d'autres initiatives, par exemple du côté de l'internationalisation, de la simplification administrative et de l'accès au crédit de la part des PME.
Lors de sa conférence de presse, M. Tajani a déclaré: « Les PME représentent plus de 99 % des entreprises et emploient plus de 90 millions de salariés en Europe. Elles constituent le moteur de notre économie et doivent demeurer fortes, compétitives et innovantes. Les États membres doivent agir rapidement pour garantir la mise en œuvre du Small Business Act ». Le même concept a été exprimé par l'UEAPME (l'Union européenne des Associations des PME), qui, dans un communiqué, constate que la révision du SBA est « un pas dans la bonne direction », mais souligne que « la priorité reste la mise en œuvre » des mesures envisagées. Et le président de la commission Marché Intérieur du Parlement européen Malcolm Harbour (ECR, R.U.) reconnaît que « beaucoup a été fait », mais ajoute que « beaucoup reste à faire », parce que « l'idée de 'priorité aux PME' doit encore être enracinée dans chaque initiative de l'UE et de ses États membres ».
Pour sensibiliser les gouvernements des 27 pays de l'UE à ce problème, le vice-président de la Commission va présenter la révision du SBA dans différentes capitales européennes - à Rome mercredi même et après à Londres, Paris, Berlin, Sofia, va demander à chaque pays de nommer un Monsieur PME national - la Bulgarie a déjà adhéré à cette idée - et va proposer de tenir chaque année une réunion informelle du Conseil consacrée aux PME. Le Royaume-Uni, l'Italie et la Belgique ont salué les propositions de M. Tajani et, dans une prise de position commune, se sont engagés à promouvoir en Europe les intérêts des PME.
Dans un communiqué, la Commission rappelle les succès des initiatives lancées depuis 2008 dans le cadre du SBA et synthétise les nouvelles mesures proposées dans un certain nombre de domaines prioritaires: - améliorer l'accès au financement pour permettre aux PME d'investir et de se développer ; - élaborer une réglementation intelligente pour permettre aux PME de se concentrer sur leur activité principale ; - tirer pleinement profit du marché unique ; - aider les PME à relever les défis de la mondialisation et du changement climatique. Le réexamen propose également de renforcer la gouvernance pour la mise en œuvre du SBA, en plaçcant les organisations d'entreprises au premier plan. (Gp).