Bruxelles, 11/02/2011 (Agence Europe) - Les ministres européens des Finances adopteront, mardi 15 février, la position de l'UE que leurs homologues de pays membres du G20 défendront au G20 « Finances » (Paris, 18/19 février). Selon un document dont EUROPE a eu copie, ils soutiennent les priorités de la Présidence française du G20 en matière de lutte contre les déséquilibres macro-économiques, de réforme monétaire, de réglementation financière et de transparence sur les marchés de matières premières. Notamment, ils appuient l'initiative française de demander aux pays participant d'élaborer des rapports détaillant la façon dont ils mettent en œuvre les engagements pris, la première mouture étant attendue pour avril.
Les Européens soutiennent fermement « l'approche en deux étapes » préconisée pour, dans un premier temps, identifier les déséquilibres macro-économiques grâce à une liste limitée d'indicateurs et déterminer, dans un second temps, les causes profondes de ces déséquilibres à l'issue d'une analyse approfondie. Ils plaideront pour un consensus sur des indicateurs tels que la balance des paiements courants, le déficit public, la dette publique et privée, les taux de change effectifs, les positions nettes des actifs étrangers.
Les ministres reprennent à leur compte la volonté française de parvenir à « un diagnostic partagé sur la façon d'améliorer le fonctionnement du système monétaire international ». Le traitement des flux de capitaux ou la diversification des monnaies de réserve pourraient obéir à certains « principes directeurs ». Notamment, l'UE considère les mesures visant à restreindre les mouvements de capitaux comme « le deuxième meilleur outil » de politique monétaire pour affronter la volatilité de ces mouvements après des mesures macro-économiques et structurelles. Un rôle accru devrait être accordé au FMI. Par ailleurs, l'UE « pourrait marquer un accord » pour que soit étudiée la façon d'ajouter « un nombre limité de monnaies de pays d'importance systémique » (ex: le yuan chinois) au panier de monnaie composant les DTS, unités de compte du FMI.
Réglementation financière. Les Européens insistent par ailleurs sur la mise en œuvre, à temps et complète, des règles dites « Bâle II et III » relatives aux exigences en capital bancaire, une attention particulière devant être accordée aux « États-Unis ». Ils plaident pour une approche exhaustive sur le traitement des institutions financières d'importance systémique qui englobe une méthodologie d'identification de ces entités ainsi qu'une liste de mesures réglementaires ou prudentielles spécifiques. L'UE attend aussi des « propositions concrètes » pour étudier les systèmes bancaires parallèles (« shadow banking ») et « éviter l'accumulation de risques systémiques dans des secteurs insuffisamment réglementés ». De même, un suivi des innovations technologiques touchant les marchés financiers, comme « le trading automatisé », est nécessaire.
Matières premières. Les Européens accueillent favorablement l'initiative française de s'attaquer à la question des matières premières dans les trois domaines suivants: l'amélioration de la transparence des marchés physiques, l'amélioration de la réglementation des produits financiers dérivés de matières premières et la sécurité alimentaire. « La façon d'insuffler plus de transparence, spécialement sur les marchés de gré à gré non réglementés, sans accroître le risque que les transactions migrent vers des juridictions moins réglementées, constitue un enjeu important », estiment-ils.
Aucune référence n'est faite à une possible taxation des transactions financières dans la recherche de financements pour la lutte contre les changements climatiques dans les pays en développement. (M.B.)