Bruxelles, 11/02/2011 (Agence Europe) - Toutes les régions de l'UE devraient être en mesure de bénéficier des fonds de cohésion européens (politique régionale): telle est la requête formulée par la commission spéciale sur les défis politiques et les ressources budgétaires pour une Union européenne durable après 2013 (SURE) lors du débat qu'elle a tenu, jeudi 10 février, sous la présidence de Jutta Haug (S&D, allemande), avec les commissaires Johannes Hahn (Politique régionale) et Laszlo Andor (Emploi, Affaires sociales, Inclusion) sur la question du budget à long-terme post-2013.
Les deux commissaires ont affirmé, quant à eux, que leurs budgets respectifs devraient rester au moins tels qu'ils sont actuellement. Ils ont toutefois reconnu que les dépenses pourraient être mieux coordonnées. La réunion alimentera le rapport sur le futur cadre budgétaire à long terme, qui devrait être adopté en juin, juste avant que la Commission ne présente sa proposition officielle.
« Une majorité de députés de la commission SURE est clairement d'avis que nous devrions maintenir les financements au moins au même niveau que celui inscrit dans le cadre financier pluriannuel. Il est également nécessaire que la politique de cohésion couvre toutes les régions (…) Même les pays les plus riches, comme la Suède et la Finlande, ont des régions qui ont de grands besoins », a déclaré le rapporteur Salvador Garriga Polledo (PPE, espagnol) dans son introduction au débat avec Johannes Hahn.
Il a estimé que « la politique de cohésion ne doit pas faire l'objet d'une réduction générale comme le budget mais qu'elle doit s'entendre comme un des instruments actifs pour atteindre les objectifs de la stratégie UE 2020, notamment avec la question de la croissance et de la création d'emplois. La politique régionale n'est pas une politique sociale mais elle est le facteur économique le plus actif pour atteindre les objectifs de croissance de l'UE pour l'ensemble de ses régions et de ses citoyens ».
« Qu'est-ce qui nous attend maintenant ? », a demandé Johannes Hahn. « Il faut se rendre compte que le budget qui est consacré à la politique de cohésion n'est pas une simple subvention. Ce sont des crédits qui doivent aider à conclure sur certains projets. Il y a beaucoup de projets en matière de cohésion qui vont générer des recettes. En d'autres termes: on souhaite un retour sur investissements pour qu'il y ait de nouveaux investissements et pour qu'il y ait un effet boule de neige positif », a souligné le commissaire.
Alors que le débat était marqué par la pression exercée actuellement par les États membres et certains groupes politiques du PE pour que des coupes soient faites dans le budget de l'UE, la plupart des députés européens sont d'accord avec Johannes Hahn pour dire que le futur budget pour la politique de cohésion devrait rester au moins tel qu'il est ou éventuellement plus élevé, étant donné l'importance de son rôle dans l'amélioration de la compétitivité, souligne un communiqué.
D'autres députés ont insisté sur le fait que toutes les régions européennes devraient être éligibles aux fonds de cohésion, bien qu'à différents degrés. La présidente de la commission du développement régional, Danuta Hübner (PPE, polonaise), a affirmé à ce propos: « Sur la carte européenne, nous ne devrions avoir aucun espace blanc à cause d'un manque de compétitivité ».
Politique de cohésion/UE 2020. À propos du lien entre la politique de cohésion de l'UE et la stratégie UE 2020, Johannes Hahn a estimé, comme les députés européens, que l'UE ne pourrait pas retarder la mise en œuvre de cette stratégie jusqu'à ce que le prochain cadre financier n'ait pris effet.
Pour la prochaine période budgétaire, le commissaire a indiqué qu'il planifiait un réexamen à mi-parcours auquel la Commission allouerait des fonds additionnels aux régions et projets dont les performances dépassent les attentes en ce qui concerne les objectifs de la stratégie UE 2020.
Intégration des Roms et des jeunes chômeurs. Plusieurs députés ont critiqué l'échec du Fonds social européen (FSE) en matière d'intégration des citoyens Roms. Pour Laszlo Andor, il est possible de remédier partiellement à cette situation en simplifiant les procédures et en faisant plus d'efforts pour expliquer comment ces fonds fonctionnent pour venir en aide aux Roms et aux immigrants.
Toutefois, des stratégies régionales sont nécessaires, a ajouté le commissaire Andor. D'autres députés ont souligné le besoin d'un changement dans le fonctionnement des fonds depuis que ces derniers n'ont pas été en mesure d'aider les jeunes chômeurs enlisés dans un chômage à long terme.
Meilleure coordination des fonds, y compris du FEM. La plupart des députés ont plaidé pour une meilleure coordination des fonds, ceci afin d'éviter les chevauchements, par exemple entre le Fonds d'ajustement à la mondialisation (FEM) et les autres fonds. Mon premier choix, a indiqué Laszlo Andor, était de faire du FEM un fonds à part entière après 2013.
Le commissaire a toutefois admis qu'une meilleure coordination était nécessaire, ajoutant qu'il était ouvert à toutes les suggestions. (G.B.)