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Bulletin Quotidien Europe N° 10314
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) pe/siÈge

Nouvelle offensive pour un transfert du PE à Bruxelles

Bruxelles, 11/02/2011 (Agence Europe) - La querelle au sujet de la nécessité de ne garder qu'un seul siège au lieu de deux (trois si l'on compte les quelques bureaux à Luxembourg) pour les réunions du Parlement européen a été relancée jeudi 10 février. L'eurodéputé britannique Edward McMillan-Scott (ADLE) a déclaré que « dans le climat actuel, le coût économique et environnemental de deux sièges pour le Parlement européen ne peut plus être justifié ». Il estimé que ce double siège est un anachronisme et se prononce pour un transfert à Bruxelles. À noter que le groupe ADLE demande, dans ses propositions sur le budget de l'UE après 2013, de « regrouper les activités du Parlement européen en un seul lieu ».

À en croire les résultats d'un sondage d'opinion réalisé récemment par l'université de Zurich, M. McMillan-Scott n'est pas le seul à se lancer dans la bataille du siège uniquement bruxellois. Selon ce sondage (auquel ont répondu 417 personnes, dont seulement 61 parlementaires européens, soit moins de 8% du total de l'hémicycle), 88% des répondants ont préconisé un amendement du traité pour que les parlementaires européens aient le droit de décider où le PE doit siéger. 91% des personnes interrogées préfèrent que le PE siège à Bruxelles. Les sondés de nationalité française et allemande sont moins enthousiasmes, mais votent la capitale belge à respectivement 72 et 87%. Parmi les parlementaires qui ont répondu, à noter que ce sont surtout (80%) ceux du groupe ADLE qui ont préconisé un transfert à Bruxelles.

Edward McMillan-Scott a également évoqué le « stress » des eurodéputés lors du transfert de Bruxelles à Strasbourg, une fois par mois, de toute la 'caravane' des députés et fonctionnaires européens. Selon le sondage, 40% des parlementaires interrogées jugent que cette transhumance mensuelle a un sérieux impact sur leur travail et leur vie.

Un seul siège permettrait d'économiser 180 millions d'euros par an (coût du transfert de Bruxelles à Strasbourg) et d'économiser l'émission de 19 000 tonnes de CO2 chaque année, lit-on dans une étude rédigée par Edward McMillan-Scott et intitulée 'A tale of two cities' ('un conte de deux cités', comme le pamphlet de Charles Dickens contre la Révolution française).

La question du siège du Parlement européen est entre les mains du Conseil européen. Ce n'est pas la première fois que le choix de Strasbourg, unique siège officiel du PE selon les traités européens, est contesté. Mais cette fois, l'initiative de M. McMillan-Scott a reçu le soutien officiel des autorités britanniques. « Nous soutenons la demande du PE d'avoir un siège unique à Bruxelles », indique un porte-parole du gouvernement britannique dans un communiqué.

Le président du Parlement européen, Jerzy Buzek, a dit être au courant des plaintes exprimées par de nombreux députés concernant les voyages de Bruxelles à Strasbourg, mais le choix du siège « est entre les mains des États membres. Changer la situation nécessiterait une modification du traité à laquelle tous les États membres doivent souscrire ».

Une pétition en ligne baptisée 'One seat campaign' (http://www.oneseat.eu ), fer de lance du mouvement anti-Strasbourg, a recueilli plus d'un million de signatures, a rappelé Alexander Alvaro, également favorable
au transfert.

La France défend la dimension européenne de Strasbourg. Le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères et européennes, Bernard Valéro, a dit vendredi 11 février avoir pris connaissance « avec surprise d'une initiative récente remettant en cause le siège du Parlement européen à Strasbourg ». Une telle démarche, certes personnelle, « n'en est pas moins regrettable ». La question du siège est juridiquement fixée par les traités: ceux-ci s'imposent aux États membres, comme aux institutions. « Cette initiative n'engage nullement le Parlement européen en tant que tel et, en tout état de cause, certainement pas son président, Jerzy Buzek », explique le porte-parole du Quai d'Orsay. Selon lui, la pluralité des lieux de travail pour les institutions et les organes européens « reflète la diversité de l'Union européenne. Nous y sommes, comme beaucoup d'autres, pleinement attachés ». Les autorités françaises continueront à mettre en œuvre des actions concrètes afin de « conforter la dimension européenne de Strasbourg et d'y faciliter le travail des députés européens, notamment en améliorant l'accessibilité et l'attractivité de la ville ». (L.C.)

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