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Bulletin Quotidien Europe N° 10314
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/Égypte

Moubarak s'en va, l'UE appelle à un gouvernement d'ouverture

Bruxelles, 11/02/2011 (Agence Europe) - Le président égyptien Hosni Moubarak a annoncé vendredi 11 février en fin d'après-midi, dans une déclaration lue par son vice-président Omar Suleimane, qu'il avait démissionné de son poste et qu'il quittait définitivement le pouvoir, après près de 30 ans de règne ininterrompu. L'armée a été chargée de gérer la transition.

Dans une première réaction, Catherine Ashton a dit qu'elle « respectait » la décision de M. Moubarak de partir. Le Haut représentant de l'UE pour les Affaires étrangères a aussi appelé au « dialogue » et à la formation d'un gouvernement d'ouverture. Mme Ashton a aussi réitéré que l'UE partage le souhait du peuple égyptien d'une transition ordonnée vers la démocratie et de la tenue d'élections libres et équitables.

Le président du Parlement européen, Jerzy Buzek, a estimé que la démission de Moubarak devrait « faciliter la transition démocratique sans violence supplémentaire ». Il a appelé l'armée égyptienne à « continuer à jouer un rôle constructif dans le processus de démocratisation ». Il est essentiel de préparer maintenant des élections libres et équitables, a dit M. Buzek qui souhaite aussi que ces événements historiques soient le début d'un « partenariat renouvelé entre les rives nord et sud de la Méditerranée, un partenariat basé sur des valeurs véritablement partagées: justice et paix, démocratie et liberté ».

Visite toujours incertaine. Catherine Ashton se rendra lundi 14 février à Tunis avant de poursuivre sa tournée dans d'autres pays de la région. « Le programme reste pour l'instant encore flou » mais des escales sont notamment prévues en Israël et en Palestine, a dit vendredi son porte-parole. Au cours de sa tournée, Mme Ashton souhaite aussi se rendre au Caire (le Conseil européen du 4 février l'a mandatée à s'y rendre au nom des 27) mais les autorités égyptiennes avaient indiqué jeudi qu'en l'état actuel des choses, elles ne souhaitaient pas recevoir d'émissaires étrangers. Est-ce que c'est toujours le cas après la démission de M. Moubarak ? Vendredi en début de soirée, à l'heure de mettre sous presse, la question restait toujours sans réponse.

Jeudi soir, dans une allocution télévisée, M. Moubarak s'était encore désespérément accroché au pouvoir en annonçant qu'il avait simplement délégué ses prérogatives au vice-président, tout en restant en place. « J'ai décidé de déléguer au vice-président les prérogatives du président de la République conformément à ce que prévoit la Constitution », a-t-il déclaré, faisant d'Omar Souleimane le « président de facto » du pays. « La transition du pouvoir court d'aujourd'hui à septembre », avait-il dit. L'UE avait réagi avec déception à cette allocution sans toutefois appeler ouvertement au départ immédiat de Moubarak. Le seul dirigeant européen ayant osé se prononcer contre Moubarak était le Premier ministre danois. « Moubarak, c'est l'histoire, Moubarak doit démissionner », a déclaré Lars Lökke Rasmussen en début d'après-midi. La réaction de Catherine Ashton, en revanche, était beaucoup plus prudente. « Le président Moubarak n'a pas encore ouvert la voie à des réformes plus rapides et plus profondes », avait-elle déploré dans une déclaration publiée jeudi soir, immédiatement après le discours télévisé de M. Moubarak. Le Haut représentant de l'UE pour les Affaires étrangères avait aussi estimé que ce n'était pas à l'UE de juger publiquement les mesures annoncées par le président contesté. « Les demandes et attentes du peuple égyptien doivent être remplies. C'est à lui de juger si les mesures annoncées par le président Moubarak remplissent leurs attentes et aspirations », s'était limitée à dire Mme Ashton. « L'UE est prête aider le peuple égyptien par tous les moyens possibles », avait-elle aussi ajouté. (H.B.)

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