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Bulletin Quotidien Europe N° 10313
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/mercosur

L'UE « en condition » pour un accord, selon De Gucht

Bruxelles, 10/02/2011 (Agence Europe) - Pour Karel De Gucht, l'UE est disposée à trouver un accord avec ses partenaires sud-américains du bloc Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay et Venezuela en cours d'adhésion). L'échange des offres entre les parties est programmé pour début mars. Mais la Commission européenne va devoir gérer des réticences persistantes au Parlement et au Conseil.

« Nous sommes en conditions de parvenir à un accord, cela ne sera évidemment pas facile, mais je crois que le moment est bien plus propice qu'il y a quelques années, pour des raisons économiques mais aussi politiques », a déclaré le commissaire au Commerce mercredi 9 février, lors d'un point presse à Montevideo, siège du Mercosur, après une rencontre avec le président uruguayen José Mujica. « Nous marchons d'un pas ferme, sûr et même inhabituel en termes de négociations commerciales, qui en général demandent beaucoup de temps », a-t-il ajouté, avant d'exprimer sa satisfaction concernant les derniers « progrès ».

Lundi à Asunción, première étape de son voyage au Paraguay et en Uruguay du 7 au 9 février, M. De Gucht a laissé entendre que la conclusion d'un accord serait peu probable avant l'été. « Je ne peux pas dire quand nous devrions pouvoir finir, mais nous allons travailler aussi vite que nous pouvons », a-t-il précisé. Comme prévu, Européens et Sud-américains échangeront leurs offres commerciales en mars à Bruxelles, lors de la quatrième session de négociations depuis la relance des pourparlers en mai 2010.

Le volet commercial de l'accord d'association UE/Mercosur, dont les négociations furent initialement lancées en 1995, prévoit d'aller au-delà des obligations imposées aux deux parties par l'OMC, d'étendre la libéralisation des échanges de marchandises et de services, en prenant en compte les sensibilités de chacun. L'arrangement commercial couvrira aussi l'investissement, les marchés publics, le développement durable, la propriété intellectuelle et les indications géographiques, de même que la concurrence, et il inclura un accord spécial sur les normes sanitaires et phytosanitaires ainsi qu'un mécanisme de règlement des différends.

Dans les mois à venir, l'exécutif européen devra toutefois composer avec les réticences prononcées au Parlement européen comme au Conseil. Lors de l'examen fin janvier du rapport de Georgios Papastamkos (PPE, grec) sur l'agriculture et le commerce international, la commission « agriculture » a critiqué l'approche de la Commission en matière de négociations commerciales, appelant à la suspension des pourparlers avec le Mercosur, tant que le round multilatéral de Doha n'est pas bouclé. S'il s'est dit favorable, lors de l'adoption en octobre par l'assemblée plénière du rapport d'Helmut Scholz (GUE/NGL, allemand) sur les relations commerciales avec l'Amérique du Sud, à la reprise des négociations avec le Mercosur, le Parlement avait aussi appelé à la vigilance sur les questions des normes en matière de protection des consommateurs, de bien-être animal et de protection de l'environnement.

Au Conseil, le dernier échange de vues sur le Mercosur, lors de la réunion des ministres de l'Agriculture le 17 mai, avait vu la France, suivie par une dizaine d'États membres (Autriche, Belgique, Chypre, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lituanie, Luxembourg, Pologne, Portugal, Roumanie, Slovénie et Slovaquie) critiquer ouvertement la décision de l'exécutif européen de reprendre les négociations, redoutant les effets néfastes pour leur agriculture, en particulier pour le secteur des viandes. D'autant plus que la reprise des négociations est conditionnée, côté sud-américain, par un meilleur accès de leurs produits agricoles en Europe, en échange d'un accès accru à leurs marchés industriels et de services.

Le sommet bilatéral UE/Brésil du 14 juillet avait amené le ministre français de l'Agriculture Bruno Le Maire à réaffirmer, le 16 juillet, son opposition à la reprise des négociations avec le Mercosur. (E.H.)

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