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Bulletin Quotidien Europe N° 10313
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) pe/turquie

Polémique sur la finalité des pourparlers d'adhésion

Bruxelles, 10/02/2011 (Agence Europe) - Les négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE, lancées en 2005, sont un processus qui prendra du temps et dont le résultat ne peut être anticipé, affirme la commission des affaires étrangères du PE (AFET) dans un projet de résolution adopté le 10 février. Les députés s'alignent ainsi sur la position officielle de l'UE fixée dans le 'cadre des négociations' adopté au moment de l'ouverture des pourparlers avec Ankara en 2005 qui, lui aussi, parle d'un « open-ended process, the outcome of which cannot be guaranteed beforehand ».

La finalité des négociations - qui n'avancent que très lentement (un seul des 35 chapitres est clos à ce stade) - a fait l'objet de longues discussions à l'AFET, notamment entre les groupes PPE et S&D. Selon nos sources au PE, quelques minutes avant le vote en commission, le groupe PPE a en effet accepté de retirer un amendement qui demandait aux institutions de l'UE d'« étudier la possibilité » de mettre sur pied un « partenariat privilégié » avec la Turquie comme une alternative à l'adhésion. En échange, le groupe S&D a retiré plusieurs amendements qui mentionnaient explicitement que l'objectif commun des négociations était l'adhésion pleine et entière. Pourtant, le 'cadre de négociation' de l'UE de 2005 précise aussi que « l'objectif partagé des négociations est l'adhésion ».

Après le vote, Elmar Brok (PPE) s'est félicité du fait que l'AFET ait explicitement souligné dans sa résolution que la capacité d'absorption de l'UE reste un critère qui doit être rempli avant que la Turquie puisse adhérer. « Nous appelons l'UE à envoyer un message clair à la Turquie, à savoir qu'en tant que pays candidat avec ses droits et ses obligations, la Turquie sera en fin de compte jugée sur base de ses mérites propres », ont déclaré les eurodéputés socialistes Richard Howitt et Raimon Obiols après le vote.

En même temps, la Turquie doit continuer les réformes, remplir les critères d'adhésion de Copenhague et respecter ses engagements à l'égard de tous les États membres, y compris Chypre, surtout en ce qui concerne l'application du protocole d'Ankara sur l'extension de l'Union douanière UE/Turquie aux nouveaux pays membres, insistent les députés. La résolution appelle en effet le gouvernement à poursuivre et intensifier les réformes dans tous les domaines qui posent encore problème: liberté de la presse et liberté d'expression, droits de l'Homme, situation des femmes, protection des minorités, etc. Afin de faciliter les pourparlers sur la réunification de Chypre, il est demandé à la Turquie de « commencer immédiatement à retirer ses forces de Chypre ». (H.B.)

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