Bruxelles, 07/02/2011 (Agence Europe) - Les députés de la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen ont auditionné Jean-Claude Trichet, lundi 7 février, en sa qualité de président du Comité européen du risque systémique (CERS). Ils l'ont interrogé sur les outils à disposition du comité pour mettre en œuvre la surveillance macro-économique dont celui-ci est chargé.
Quels sont « les outils de surveillance macro-prudentielle » à la disposition du Comité européen du risque systémique pour limiter les bulles immobilières et l'explosion du prix de certains actifs, a questionné le Vert français Pascal Canfin. M. Trichet a fait savoir que le comité était en train de « lister les différents instruments » disponibles. Il a cité, par exemple, la possibilité d'utiliser certains indicateurs tels que le ratio prêt/valeur (« loan to value ratio ») ainsi que les « coussins contra-cycliques » qui peuvent contraindre une institution financière à constituer, en période de croissance, des 'matelas' de réserves à utiliser lorsqu'une situation de crise apparaît. « Nous avons une capacité d'analyse très grande » et nous disposons d'« une vision multi-oculaire », a assuré M. Trichet. L'organe de direction du Comité européen du risque systémique est composé notamment des gouverneurs des banques centrales, des présidents des trois autorités européennes de supervision dans les secteurs bancaire, assurantiel et des marchés financiers ainsi que de la Commission.
À Jean-Paul Gauzès (PPE, français) qui lui demandait comment fonctionneront les relations entre le CERS et les trois autorités européennes de supervision, M. Trichet s'est dit « impressionné » par le « très bon esprit » qui a permis de mettre en place les règles de procédures entre les instances de la nouvelle architecture du système européen de supervision. « Tout me donne à penser que la coopération que nous allons avoir sera intime et confiante », a-t-il considéré, en se félicitant de la récente nomination des trois présidents des autorités européennes (EUROPE n° 10308). Et comment allez-vous travailler avec la Facilité EFSF, lui a demandé Burkhard Balz (PPE, allemand). « La question est ouverte », a répondu M. Trichet, pour qui « il est tout à fait clair que la stabilité de la zone euro (…) est très importante sur le plan systémique pour les Vingt-Sept ». Sylvie Goulard (ADLE, française) a évoqué le comité scientifique du CERS, « une innovation » voulue par le PE, qui permettra au comité de disposer de « conseillers de niveau mondial et pluridisciplinaires ».
M. Trichet a appelé les pays de la zone euro bénéficiant d'une aide financière internationale - l'Irlande et la Grèce - à mettre en œuvre leur programme d'ajustement économique, un exercice qui demande « du temps » mais est indispensable pour retrouver la « crédibilité ». Il a invité les eurodéputés à « faire preuve d'une volonté très forte » pour renforcer la gouvernance économique en Europe. Créé par le paquet législatif réformant le système de supervision financière, le CERS a pour mission de surveiller et d'alerter contre les risques pesant sur la stabilité du système financier. Lors de sa réunion constitutive jeudi 20 janvier (EUROPE n° 10299), il a décidé qu'il se réunirait tous les trois mois (prochaine réunion le vendredi 18 mars). (M.B.)