login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10310
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/Économie

Pacte pour la compétitivité, applaudi à droite, rejeté à gauche

Bruxelles, 07/02/2011 (Agence Europe) - Les principaux groupes politiques du Parlement européen ont réagi différemment aux résultats du Conseil européen de vendredi (EUROPE n° 10309): la droite salue les propositions franco-allemandes en faveur d'un 'Pacte pour la compétitivité', la gauche s'y oppose. Tous mettent néanmoins en garde contre la tentative de passer outre la méthode communautaire.

« Si la crise nous a enseigné, au prix fort, que nos budgets, nos lois sociales et notre fiscalité doivent se rapprocher, il est indispensable que cette convergence se fasse en prenant compte de l'avis de tous, et selon la méthode communautaire, qui a fait ses preuves », déclare le président du groupe PPE Joseph Daul (PPE, français) dans un communiqué. D'après le Belge Wilfried Martens, le parti populaire européen qu'il préside soutient « pleinement l'initiative visant à renforcer la coordination économique afin d'améliorer la compétitivité de l'Union européenne et, à ce titre, (il) accueille favorablement le sommet extraordinaire de l'Eurozone qui aura lieu en mars ».

Le président du groupe ADLE, le Belge Guy Verhofstadt, est favorable au renforcement de la gouvernance économique même s'il met en garde contre « le danger de réinventer constamment la roue ». « Cependant, nous condamnons fermement la méthode suggérée. Un système purement intergouvernemental en dehors des règles du traité n'aura pas les effets escomptés. La discipline ne sera garantie efficacement qu'à travers l'application de la méthode communautaire et des compétences accrues pour la Commission » européenne, prévient-il, jugeant « inacceptable » que l'institution soit mise de côté. L'ancien Premier ministre belge est convaincu que les États membres doivent accepter « une réelle automaticité » dans la mise en œuvre du Pacte de stabilité et de croissance, notamment en matière de sanctions contre les pays enfreignant les règles. La libérale britannique Sharon Bowles ne dit pas autre chose: nous devons concentrer nos efforts sur le paquet législatif relatif à la gouvernance économique et nous assurer que la Commission soit « au cœur du système » et rende pleinement des comptes au Parlement européen. « C'est seulement de cette manière que nous éviterons les marchandages politiques et les 'retours d'ascenseur' entre États membres », estime la présidente de la commission des affaires économiques et monétaires du PE.

À gauche de l'échiquier politique, le son de cloche est tout autre. « Ce 'Pacte pour la compétitivité' est une insulte aux millions d'Européens qui travaillent dur pour sortir de cette crise, et encore une fois, le fardeau pèse sur leurs épaules. Avec son examen annuel pour la croissance, Barroso a été transformé en mécanicien empoté pour ce mastodonte » qu'est le Pacte pour la compétitivité, critique le président du parti socialiste européen Poul Nyrup Rasmussen. Et d'ajouter: « Comment peut-on demander aux citoyens ordinaires de faire plus de sacrifices en matière de retraites, de salaires et d'acquis sociaux, alors qu'ils attendent encore de voir des mesures fermes pour une reprise en main du secteur financier ? ». Se réjouissant que l'initiative franco-allemande ait rencontré l'opposition des défenseurs de la méthode communautaire, l'ex-Premier ministre danois évoque la proposition socialiste de 'Pacte progressiste pour l'emploi et la croissance' qui prône « une convergence vers le haut et basée sur la solidarité » ainsi que la création d'euro-obligations.

Les Verts sont d'avis que le 'Pacte de compétitivité' préconisé par Berlin et Paris n'apporte pas de réponse exhaustive à la crise. « Le Pacte échoue à couvrir le spectre complet des déséquilibres économiques dans l'Eurozone en blâmant uniquement les pays membres les plus faibles. Il ignore des déséquilibres cruciaux, tels que la politique des bas salaires de l'Allemagne et ses excédents (économiques), qui sont dommageables à l'Eurozone », considère la co-présidente du groupe des Verts/ALE l'Allemagne Rebecca Harms, pour qui le 'Pacte pour la compétitivité' met à mal « l'intérêt européen ». Les Verts accueillent néanmoins favorablement les propositions sur l'harmonisation de l'assiette de l'impôt des entreprises, la lutte contre « le dumping fiscal » devant, à leurs yeux, jouer une place centrale dans un paquet sur la gouvernance économique. (M.B.)

Sommaire

JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES
INTERPENETRATION ECONOMIQUE
SUPPLÉMENT HEBDOMADAIRE