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Bulletin Quotidien Europe N° 10310
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/Énergie

Réactions mitigées aux résultats du Conseil européen

Bruxelles, 07/02/2011 (Agence Europe) - Le Conseil européen du 4 février, consacré à l'énergie, a vu les dirigeants des Vingt-sept marquer leur accord sur la nécessité d'achever le marché intérieur de l'énergie d'ici 2014, de moderniser et d'étendre l'infrastructure énergétique de l'UE, de diversifier les sources d'énergie, en investissant massivement dans les renouvelables mais également dans les énergies à faible teneur en carbone (comme le nucléaire), et d'assurer davantage de cohérence dans les relations avec les pays tiers fournisseurs. La Commission européenne salue, comme toujours, un nouveau pas en avant pour l'Europe. Satisfaction aussi au Parlement européen pour les conservateurs (PPE), qui sont aux commandes de 21 des 27 gouvernements des États membres. Mais on est beaucoup plus critique du côté des Verts et des ONG environnementalistes.

« Sur l'énergie, c'est un progrès majeur ». C'est ainsi que le président de l'exécutif européen José Manuel Barroso juge le sommet européen du 4 février, dédié à la politique et la sécurité énergétiques. Son collègue Günther Oettinger parle lui d'une « percée ». « Pour la toute première fois, nous nous sommes fixé une date butoir pour l'achèvement du marché intérieur. D'ici 2014, l'électricité et le gaz circuleront dans l'ensemble de l'Europe aussi facilement que les biens et les services. Rien ne nous aidera davantage à garantir la sécurité de l'approvisionnement des ressources et des prix abordables pour les consommateurs et l'industrie », commente le commissaire à l'Énergie. « Je suis en particulier heureux que les chefs d'État et de gouvernement ont soutenu l'idée de l'extension rapide de l'infrastructure énergétique critique, de la simplification du processus d'autorisation et l'idée qu'un certain soutien public sera crucial à cet effet », poursuit M. Oettinger.

Si le président du groupe PPE au Parlement, le Français Joseph Daul, estime que « les décisions du Conseil européen vont dans la bonne direction », avertissant toutefois que « toutes ces mesures doivent être prises dans un cadre communautaire, et non intergouvernemental », les co-présidents des Verts, Rebecca Harms et Daniel Cohn-Bendit, déplorent que « la politique énergétique de l'UE reste au point mort après un sommet sous haute tension ». « Malgré les effets d'annonces spectaculaires, les conclusions du Conseil européen n'apportent aucune valeur ajoutée. Certes, le résultat aurait pu être pire et les verts se réjouissent que les attaques contre les dispositifs de soutien aux renouvelables aient été contrecarrées. Mais, concernant la question essentielle des économies d'énergie, l'indécision continue de régner », regrettent les députés allemand et français. « Un vrai engagement en faveur de l'efficacité énergétique est nécessaire si l'UE veut parvenir aux objectifs qu'elle s'est fixés. La seule façon d'y parvenir est de rendre cet objectif contraignant et nous déplorons que les dirigeants européens n'aient pas saisi l'opportunité », ajoutent-ils, saluant néanmoins le soutien des dirigeants aux systèmes de soutien nationaux existant pour les renouvelables, comme l'échec des tentatives de promotion de l'énergie nucléaire des gouvernements français et tchèque. Leur collègue Michèle Rivasi est bien plus critique. « Encore une fois les dirigeants européens nient les seules stratégies qui permettront une véritable sécurité énergétique durable. Bien que l'efficacité énergétique soit reconnue comme un pilier de la stratégie européenne, les économies d'énergie et les renouvelables vont pâtir de l'enlisement dans la stratégie « toujours plus ». Alors que notre économie doit s'orienter vers une meilleure utilisation des ressources, en découplant développement économique et croissance énergétique, l'UE s'entête dans la course à la production d'énergie », commente la députée française dans un communiqué. « En demandant l'évaluation du potentiel des énergies fossiles non conventionnelles, le Conseil européen vient d'admettre le souhait de développer une stratégie insoutenable. Le gaz de schiste ne changera en rien la donne énergétique puisque leur potentiel est évalué entre 3 et 5% de la totalité des importations de gaz de l'UE à l'horizon 2020. Développer leur potentiel, c'est s'orienter vers des investissements coûteux, inutiles et dangereux pour les pays européens. Les énergies fossiles ne sont en aucun cas innovantes et entrent en contradiction avec les objectifs climatiques de l'UE », ajoute-t-elle. Chez les libéraux, la Suédoise Lena Ek regrette elle aussi que « le Conseil européen continue de montrer une certaine réticence envers les objectifs obligatoires en matière d'efficacité énergétique et repousse jusqu'en 2013 l'évaluation de la performance en matière d'économies ». Ce qui, selon elle, « met l'UE dans une position relativement faible en termes de compétitivité vis-à-vis des États-Unis et de la Chine qui investissent massivement dans l'économie verte ».

Du côté des ONG environnementalistes, Greenpeace se félicite que les renouvelables « ont été placés au cœur du sommet ». « Il est décevant qu'il n'y ait pas eu de progrès sur les cibles contraignantes sur l'efficacité énergétique », regrette-t-elle toutefois. « L'Europe gaspille des milliards d'euros chaque année sur l'énergie périmée et peu sûre. Il est étonnant que les chefs européens n'agissent pas donc hardiment sur la politique assurant une économie forte avec l'énergie propre », commente pour sa part WWF. Pour Friends of the Earth, outre le fait qu'« aucune idée brillante n'a émergé du sommet », « l'évaluation du potentiel en ressources conventionnelles et non conventionnelles comme les gaz de schiste » est une mauvaise direction pour répondre à la question de la dépendance énergétique. (E.H.)

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