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Bulletin Quotidien Europe N° 10310
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/maroc

Stefan Füle à Rabat pour prendre le pouls du Maghreb

Bruxelles, 07/02/2011 (Agence Europe) - Stefan Füle, le commissaire européen à l'Élargissement et à la Politique européenne de voisinage, a entamé lundi 7 février une visite de deux jours au Maroc destinée, a-t-il dit avant son départ, à donner « une impulsion supplémentaire aux réformes en cours, en particulier dans des domaines tels que la réforme de la justice et la convergence réglementaire ».

Les tensions politiques nées au Maghreb, à commencer par la Tunisie et l'Égypte, seront en toile de fond de ses entretiens à Rabat où il rencontrera le Premier ministre, le ministre des Affaires étrangères, le ministre de l'Économie et des Finances, le ministre de l'Agriculture et des Pêches maritimes, les premiers vice-présidents des deux chambres du parlement marocain, ainsi que le secrétaire général de l'Union pour le Maghreb arabe.

« Dans le contexte actuel, nous discuterons des moyens avec lesquels l'UE pourrait mieux soutenir l'intégration régionale dans le Maghreb afin de soutenir la création d'emplois et la croissance », a-t-il précisé. La dimension régionale, promue par le Maroc, a en outre l'avantage d'ancrer davantage ses « provinces du sud », le Sahara occidental contesté, à son territoire. En outre, M. Füle prendra le tram à Rabat, un projet financé par l'UE.

Le Maroc comme l'Algérie voisine, et plus loin les pays du Mashreq, qui cherchent à s'éviter une montée de la pression populaire de type tunisien, orientent leurs politiques économiques, pour satisfaire les besoins de la rue (baisse de prix de denrées essentielles, appuis aux personnes et régions oubliées dans les processus de développement, victimes d'une gouvernance peu convaincante). Partout au Maghreb, les sonnettes d'alarme sont tirées même si les gouvernements tentent de convaincre que leurs cas sont différents, mais les mêmes « ingrédients » existent, réplique l'écrivain marocain reconnu et observateur vigilant de sa société, Abdellatif Laabi. Il écrit dans une longue interview dans l'hebdomadaire « TelQuel » que « le décollage économique du pays, dont certaines prémices sont incontestables, d'autres sujets à caution » a été obtenu grâce « au sacrifice de la démocratie ». En écho, le quotidien d'Oran, algérien, écrivait en éditorial il y a quelques jours que « l'ouverture politique, la démocratisation et plus de respect pour la souveraineté populaire et les libertés civiques et individuelles » sont inéluctables. Cette « perspective qui était proprement impensable pour un pays arabe avant la Révolution du jasmin, la voilà en voie de se concrétiser en Égypte, mais aussi ailleurs en Jordanie, au Yémen et au Soudan. L'Algérie n'en sera pas exempte ». (F.B.)

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