Bruxelles, 03/02/2011 (Agence Europe) - Plusieurs députés européens ont dénoncé mercredi 2 février, lors du débat en plénière précédant le Conseil européen du 4 février, la tentative de la France et de la République tchèque d'introduire dans les conclusions du sommet une mention faisant de l'énergie nucléaire un moyen de lutte contre le changement climatique, qui nuirait, selon eux, aux énergies renouvelables.
Si les amendements soutenus par Paris et Prague au projet de conclusions des dirigeants européens sont adoptés vendredi, « ce serait une percée décisive en faveur du nucléaire, qui aurait pour conséquence d'affaiblir indirectement les énergies renouvelables », redoute le vert luxembourgeois Claude Turmes. Pour la libérale française Corinne Lepage, « il s'agirait d'une forfaiture au regard des conventions internationales sur le climat, signées depuis Rio par la France, puisque tous les négociateurs ont toujours été attentifs à ce que le nucléaire ne profite pas des mesures destinées à réduire les gaz à effets de serre ». « Non seulement la France profiterait ainsi des subventions européennes destinées aux énergies alternatives, mais elle poursuivrait sa politique de sabotage quant au développement des filières », s'insurge-t-elle.
Dans un paragraphe des conclusions du Conseil européen, relatif aux perspectives énergétiques de long terme, la France veut faire figurer les énergies à faible teneur en carbone aux côtés des renouvelables, appelant à ce l'UE et ses États membres s'engagent à promouvoir l'investissement dans les énergies renouvelables et celles à faible teneur en carbone, comme le nucléaire, de manière à ce que 2/3 de la production d'électricité à l'horizon 2020 provienne de sources sobres en carbone. Un objectif qui compromettrait clairement le développement des énergies vertes, selon M. Turmes.
Lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères et/ou européennes préparatoire au sommet, lundi 31 janvier, les ministres français Laurent Wauquiez et tchèque Karel Schwarzenberg ont adopté une déclaration exprimant leur position commune sur l'importance des énergies sobres en carbone et rappelant que « l'énergie nucléaire représente une source d'énergie à faible teneur en carbone répondant à la fois à la rationalité économique et aux objectifs de lutte contre le changement climatique ». (E.H.)