Bruxelles, 03/02/2011 (Agence Europe) - Beaucoup de bruit pour rien ? Les garanties apportées par le Conseil et la Commission européenne ont convaincu les eurodéputés d'approuver, jeudi 3 février, les trois nominations à la tête des autorités européennes de supervision financière dans les secteurs bancaire, assurantiel et des marchés, malgré les craintes auparavant exprimées. Le Néerlandais Steven Maijoor, l'Italien Andrea Enria et le Portugais Gabriel Bernardino dirigeront respectivement l'Autorité européenne de supervision des marchés de valeurs mobilières (ESMA), l'Autorité bancaire européenne (ABE) et l'Autorité européenne de supervision des assurances et des pensions professionnelles (EIOPA).
Nous avions déposé des résolutions rejetant les candidatures car nous n'étions pas satisfaits de la procédure de nomination, a déclaré la présidente de la commission des affaires économiques et monétaires, Sharon Bowles (ADLE, britannique) (EUROPE n°10307 et N° 10306). Avec les « assurances » reçues, une « majorité » des membres de la commission parlementaire est prête désormais à avaliser les candidatures, a-t-elle ajouté. Ces assurances concernent l'indépendance des présidents des autorités, la formation des conseils d'administration, les ressources humaines et budgétaires, la procédure de nomination. Les eurodéputés se sont plaints du profil peu élevé des candidats à la présidence des autorités et du nombre peu élevé de personnes figurant sur les 'short lists' de la Commission (un seul nom pour l'EBA). Ils craignaient un affaiblissement du rôle de ces nouvelles instances au sein de la nouvelle architecture européenne de supervision.
« Le message du Parlement a été entendu par la Présidence hongroise », a assuré la secrétaire d'État hongroise aux Affaires européennes, Gyõri Enikõ. Selon elle, il est « extrêmement important » que les trois autorités européennes de supervision disposent de « dirigeants compétents » et d'« un financement garanti ».
Le commissaire chargé du Marché intérieur Michel Barnier a réitéré le caractère « transparent » du processus de nomination ayant attiré « 275 candidatures ». J'ai moi-même « regretté » qu'une des deux personnes 'short listée' pour présider l'EBA, « une femme », se soit retirée au dernier moment, a-t-il ajouté. Il pourrait s'agir de la Suédoise Kerstin af Jochnick, ancienne présidente du Comité européen des contrôleurs bancaires. La veille lors du débat, M. Barnier a promis qu'il veillerait à une meilleure parité hommes/femmes lors de la nomination des directeurs exécutifs des autorités européennes ainsi qu'à la présence, « au moins deux fois par an », des dirigeants des autorités nationales aux réunions des organes de direction des autorités. (M.B.)