Bruxelles, 15/12/2010 (Agence Europe) - Assez tergiversé. Le Parlement demande que soit immédiatement établie une force de protection civile de l'UE qui permettrait de rassembler les ressources technologiques et techniques nécessaires pour fournir les premiers secours dans les 24 heures suivant une catastrophe. Cette demande est formulée dans une recommandation adoptée mardi à Strasbourg (557 voix pour, 32 contre, 72 abstentions). « L'UE a besoin d'une capacité de réponse plus coordonnée, plus cohérente et plus visible pour faire face aux catastrophes majeures en dehors de ses frontières. Il est temps que nous reconnaissions l'importance politique d'un renforcement de la capacité de réponse de l'UE aux catastrophes », explique Iva Zanicchi (PPE, italienne), auteur d'un rapport d'initiative à ce sujet.
Loin d'être une nouvelle structure, cette force de protection civile serait à bâtir à partir du mécanisme de protection civile de l'UE par l'optimisation des outils disponibles et une mutualisation volontaire des moyens logistiques et humains existants, comme le recommandait déjà le rapport Barnier de 2006. Cela ferait enfin droit aux demandes répétées du Parlement européen de voir mises en œuvre les propositions de ce rapport. Le Parlement note que les catastrophes responsables d'importants dommages humains économiques et environnementaux sont en augmentation dans le monde et que le budget de la Commission pour les catastrophes humanitaires a non seulement été gelé mais a connu une légère baisse en termes réels au cours des cinq dernières années. Ces facteurs conjugués rendent d'autant plus nécessaire l'efficacité accrue des opérations, souligne-t-il. Le Parlement demande toutefois que soient établis « des budgets réalistes dans lesquels les montants destinés aux catastrophes naturelles ou à l'action humanitaire sont basés sur les dépenses des années précédentes ».
S'ils considèrent que l'inclusion de la protection civile et de l'aide humanitaire dans un seul et même portefeuille sont de nature à accroître la cohérence de la réaction globale de l'UE en cas de catastrophes, les eurodéputés appellent de leurs vœux une plus grande intégration des méthodes de travail de la protection civile et de l'aide humanitaire au sein de la DG ECHO tout en préservant leurs spécificités par le maintien d'une démarcation claire entre leurs rôles respectifs.
Le Parlement demande au Conseil et à la Commission de préciser les modalités de la coopération et de la coordination entre le Service européen pour l'action extérieure et la Commission pour la gestion d'une réaction à une catastrophe en dehors du territoire de l'UE. Il rappelle au Conseil que l'utilisation des ressources et capacités militaires à l'appui d'opérations d'aide humanitaire devrait être exceptionnelle et respecter le consensus européen sur l'aide humanitaire et les directives d'Oslo.
Le Conseil et la Commission sont instamment invités à coopérer à la mise en œuvre d'un plan d'action pour la visibilité de la réaction européenne en cas de catastrophes. « Je crois que des arrangements et des procédures claires devraient être établies pour garantir une double visibilité tant pour les États membres que pour l'Union européenne. Cela présuppose que nous soyons capables de mettre en commun l'information et les moyens sous le drapeau de l'UE plutôt que sous les bannières nationales », déclare Yva Zanicchi. (A.N).