Strasbourg, 15/12/2010 (Agence Europe) - À la veille de la publication en mars 2011 par la Commission européenne du plan d'action révisé pour l'efficacité énergétique, le Parlement européen a soumis ses exigences, qui reposent en particulier sur deux priorités: la performance des bâtiments en matière d'économies d'énergie et la mise en œuvre de la législation existante.
Le Conseil européen, qui doit se réunir le 4 février pour une réunion consacrée à l'énergie, comme la Commission, qui planche sur un nouveau plan d'action pour l'efficacité énergétique sont avertis: les économies d'énergie devront être un axe essentiel de la politique énergétique commune embryonnaire de l'UE. En adoptant mercredi 15 décembre par 511 voix pour, 64 voix contre et 57 abstentions le rapport du Danois Bendt Bendtsen (PPE), le Parlement européen, réuni en plénière à Strasbourg, a affirmé ses ambitions dans un domaine d'action au potentiel très élevé pour à la fois assurer la sécurité énergétique de l'UE et sa transition vers une économie à faible teneur en carbone. Les députés se sont en particulier prononcés pour un objectif contraignant en matière d'efficacité énergétique, l'actuel objectif communautaire de 20% à l'horizon 2020 n'étant seulement, à l'heure actuelle, que de nature indicative.
La résolution adoptée mercredi consacre un large chapitre aux bâtiments qui sont, à eux seuls, la source de 40% de la consommation énergétique totale de l'UE, comme de 36% de ses émissions de gaz à effet de serre. Les députés prônent des programmes de rénovation en profondeur des bâtiments existants orientés sur la performance en matière d'économies d'énergie, et appellent à lever toute une série d'obstacles, en particulier dans le secteur résidentiel, tels que les coûts initiaux, la distinction entre les mesures d'incitation ou les négociations difficiles dans des immeubles comprenant plusieurs appartements. Pour ce faire, le Parlement plaide pour des solutions innovatrices, telles que les plans de rénovation de quartiers, des incitations financières à tous les niveaux, local, national et européen, et une aide technique. Les députés pressent aussi la Commission de favoriser de nouvelles initiatives à travers sa nouvelle stratégie pour l'innovation.
Le Parlement met aussi l'accent sur la nécessité de mettre pleinement en œuvre la législation existante en matière d'efficacité énergétique, en particulier les directives sur l'étiquetage et sur l'éco-conception, et plaide pour une révision en 2011 de la directive sur les services énergétiques. Les députés demandent aussi à la Commission d'inclure dans son plan d'action révisé une évaluation de l'application des textes par les États membres, et, en fonction des résultats, d'introduire de nouvelles mesures telles que des objectifs d'efficacité énergétique individuels correspondant au moins à une amélioration de 20% de l'efficacité énergétique d'ici 2020 au niveau de l'UE en prenant en compte les situations de départ respectives et les circonstances nationales. La Commission et les États membres sont aussi invités à convenir d'une méthodologie commune pour mesurer les objectifs en matière d'efficacité énergétique nationale et suivre les avancées réalisées relatives à ces objectifs.
Enfin, outre des chapitre consacrés à l'efficacité énergétique des infrastructures de production et de transmission d'énergie, au rôle des TIC, mais aussi aux transports, sur lesquels les députés pressent la Commission de publier au printemps prochain un Livre blanc ambitieux, le Parlement met globalement l'accent sur le rôle exemplaire à tous les échelons du secteur public, en particulier dans le secteur des bâtiments, comme les écoles. Il souligne aussi l'importance que les institutions et les agences de l'UE rénovent leurs bâtiments qui ont été identifiés comme offrant un potentiel d'efficacité énergétique d'une manière rentable du point de vue des coûts pour qu'ils soient quasiment neutres d'ici 2019, autrement dit qu'ils produisent l'énergie qu'ils consomment. Les députés demandent aussi à la Commission d'avancer des normes ou des exigences en matière d'énergie en ce qui concerne l'installation de l'éclairage urbain comme les flottes de véhicules, et presse les États membres d'utiliser systématiquement des pratiques prenant en compte l'efficacité énergétique dans les marchés publics. (E.H.)