Bruxelles, 13/12/2010 (Agence Europe) - L'UE a condamné lundi le refus d'Israël de prolonger le moratoire sur les colonisations juives en Cisjordanie qu'elle juge « illégales au regard du droit international » et « un obstacle à la paix » et qui empêchent pour l'instant la reprise des pourparlers de paix directs entre Israéliens et Palestiniens. Dans des conclusions adoptées le 13 décembre par le Conseil, les ministres des Affaires étrangères de l'UE soulignent le besoin urgent de faire des progrès vers la solution des deux États comme seule issue possible au conflit israélo-palestinien. « Nous voulons voir l'État d'Israël et un État palestinien souverain, démocratique, contigu et viable coexister en paix et sécurité », affirment les ministres dans le texte. Ils condamnent les colonisations juives et réitèrent les conclusions du Conseil de décembre 2009 qui stipulent, entre autres, que « l'UE ne reconnaîtra aucun changement aux frontières d'avant 1967, y compris à Jérusalem, à moins qu'il ait été convenu par les parties ». Le statut de Jérusalem qui doit être « la future capitale de deux États » devra être réglé par des négociations, insistent les ministres. Une solution « juste, équitable et réaliste » devra être négociée pour le problème des réfugiés. L'UE restera engagée en faveur d'une solution négociée sur toutes les questions de statut dans les douze prochains mois, soit d'ici fin 2011, lit-on encore dans le texte adopté lundi.
Reconnaître l'État palestinien « lorsque cela sera approprié ». Les ministres ne disent pas explicitement quelles conséquences l'UE tirerait d'un blocage continu du processus de paix en raison des colonisations israéliennes. Mais l'option d'une reconnaissance européenne de l'État palestinien (comme l'ont déjà fait l'Argentine et le Brésil la semaine dernière) est clairement mise en exergue. « Le Conseil réitère sa disponibilité à reconnaître un État palestinien lorsque cela sera approprié », ont clairement affirmé les ministres qui saluent par ailleurs l'avis de la Banque mondiale selon lequel si elle continue sur sa lancée, l'Autorité palestinienne sera prête à établir un État palestinien « dans un avenir proche ». Le principal négociateur palestinien, Saëb Erakat, a demandé lundi à l'UE la reconnaissance de l'État palestinien sur les frontières antérieures à l'occupation israélienne en 1967. Selon M. Erakat, une « telle mesure de la part de l'Union européenne constituerait une protection pour le principe de deux États et du processus de paix ».
Développer les relations avec Israël. Le 10 décembre, 26 personnalités européennes (dont Javier Solana, Romano Prodi, Felipe Gonzales et Richard von Weizsäcker) ont écrit à Catherine Ashton pour demander que l'UE prenne des sanctions à l'encontre d'Israël en raison de la poursuite des colonisations - par exemple suspendre le rehaussement (« upgrading ») envisagé des relations bilatérales ou interdire l'importation de marchandises provenant des colonies. Elles réclamaient aussi qu'à défaut de progrès dans les pourparlers de paix d'ici avril 2011, l'UE réfère de la question de la création d'un État palestinien à la communauté internationale, c'est-à-dire à l'ONU. Le ministre luxembourgeois Jean Asselborn a estimé lundi avant le Conseil qu'il était temps de « geler un peu les relations entre l'UE et Israël si on n'est pas capable de reprendre le cours des négociations ». Les 27 ont finalement opté pour un message plus positif. Dans leurs conclusions, ils expriment la disponibilité de l'UE à « développer davantage ses relations bilatérales avec Israël » dans le cadre défini par le Conseil d'association de juin 2009 et par les conclusions de décembre 2009. (H.B.)