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Bulletin Quotidien Europe N° 10276
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/onu/climat

Cancún, accord limité mais regain d'espoir

Bruxelles, 13/12/2010 (Agence Europe) - À l'aune des maigres attentes qu'elle avait suscitées, la conférence climatique de Cancún (COP 16, 29 novembre, 10 décembre) est accueillie dans l'UE comme un succès. À défaut de représenter une victoire magistrale, l'accord obtenu samedi matin à l'issue de la COP 16, sur un paquet de décisions, a été salué par l'UE comme un pas important vers un cadre global contraignant pour l'action climatique. Comparé à l'Accord de Copenhague qui n'avait pu être formellement adopté suite à l'opposition d'une poignée de pays, le compromis de dernière minute trouvé à Cancún par les 192 parties à la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique (UNFCCC), est, de l'avis général, une avancée notable en ce qu'il remet en selle le multilatéralisme. À défaut d'être contraignants, les deux textes approuvés par consensus - l'un le Protocole de Kyoto, l'autre sur un cadre de coopération à long terme - ouvrent en effet la voie à la conclusion d'un accord climatique international contraignant, l'an prochain à Durban (COP 17, Afrique du Sud), espèrent les Européens. Seules certaines ONG, affligées de la maigre moisson de Cancún, vilipendent l'hypocrisie des pays riches.

L'accord de Cancún reconnaît que la hausse de la température mondiale doit être maintenue en dessous de 2 degrés Celsius par rapport à l'ère préindustrielle. Les engagements des pays riches et des pays en développement sont désormais ancrés dans le processus de l'ONU et seront clarifiés. Le texte reconnaît que les efforts d'atténuation doivent être intensifiés pour respecter le plafond de 2°. Un processus sera lancé pour renforcer la transparence des actions entreprises pour réduire ou limiter les émissions et permettre ainsi la vérification plus efficaces des progrès accomplis. Le financement des 100 milliards de dollars US par an d'ici à 2020 par les pays industrialisés en faveur des pays en développement est confirmé, et un Fonds vert pour le climat est lancé. L'action pour l'adaptation sera renforcée. Un mécanisme « REDD + » est lancé pour réduire les émissions provenant de la déforestation et de la dégradation des forêts dans les pays en développement. L'établissement de nouveaux mécanismes sur les marchés du carbone sera envisagé. Le développement et le transfert des technologies des pays riches vers les pays en développement seront renforcés. L'objectif de 2° C sera révisé en 2015 pour vérifier sa pertinence et envisager de le ramener à 1.5° C. Mandat est donné aux groupes de travail ad hoc de l'UNFCCC et du Protocole de Kyoto de poursuivre leurs travaux pendant un an en laissant ouverte la forme juridique du résultat final des négociations.

Encore beaucoup à faire. « L'UE était venue à Cancún pour obtenir un paquet substantiel de décisions orientées vers l'action et pour garder les négociations climatiques internationales sur les rails. Nous avons aidé à ce résultat fructueux que le monde attendait et dont il a besoin », s'est réjouie Connie Hedegaard, commissaire européenne au Climat. « Mais les deux semaines à Cancún ont montré une fois de plus combien ce processus est lent et difficile. Chacun doit être conscient que nous avons encore un long et difficile chemin devant nous pour atteindre l'objectif d'un cadre climatique mondial contraignant », ajoute-t-elle. Au nom de la Présidence belge, Joke Schauvliege souligne que « l'UE a travaillé sans relâche pour établir des ponts et, dans le même temps, défendre ses positions », et « félicite la Présidence mexicaine pour la conduite exemplaire de la conférence ». Elle se réjouit que l'UE ait pu faire état, en toute transparence, des progrès qu'elle a faits dans la mobilisation des 7,2 milliards d'euros promis pour le financement immédiat en faveur des pays en développement pour 2010-2012. « Et nous continuerons à faire de même sur une base annuelle », assure-t-elle.

Une stratégie UE 2050 attendue au printemps. José Manuel Barroso, président de la Commission, rappelle que l'UE « s'est fixé des objectifs ambitieux en matière de climat et d'énergie à l'horizon 2020 » et annonce qu' « au printemps prochain, la Commission présentera une stratégie pour parachever la transition vers une économie à faible teneur en carbone à l'horizon 2050 ». Étant donné la lenteur des progrès dans les négociations, Jerzy Buzek, président du Parlement européen, estime que « l'UE devrait continuer à mettre la pression sur le reste du monde pour atteindre un accord plus ambitieux ultérieurement ». Même tonalité chez Wendel Trio de Greenpeace International pour qui « Cancún a peut-être sauvé le processus mais n'a pas sauvé le climat pour autant ». Il ajoute: « Cancún a donné l'élan. À Durban, il faut un nouvel accord global qui aide les pays à construire une économie verte et qui rende les pollueurs comptables de leurs actions». CanEurope voit dans ce résultat un espoir pour la conclusion d'un nouveau traité climatique international et attend maintenant de l'UE qu'elle augmente ses ambitions en conséquence en visant une réduction de 40% de ses émissions à l'horizon 2020. « Les gouvernements ont tout d'abord fait un pas en arrière puis deux pas en avant, en s'opposant aux tactiques dilatoires des pays industrialisés comme les États-Unis et le Japon qui auraient pu empêcher un accord », se réjouit Matthias Duwe, directeur de cette ONG. Il estime toutefois que « la volonté politique pour une action radicale n'est pas encore assez forte pour une réponse adéquate à la menace du chaos climatique ». Pour l'ONG FoEI, « Cancún a échoué à progresser sur la partie plus importante: des réductions d'émissions contraignantes de la part des pays développés » et l'accord trouvé « fournit une plate-forme pour l'abandon du Protocole de Kyoto en le remplaçant par une promesse faiblarde et un système de révision hérité de l'Accord de Copenhague, ce qui conduira à un réchauffement dévastateur de 5 degrés Celsius ». (A.N.)

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