Bruxelles, 03/12/2010 (Agence Europe) - Les députés européens et les élus ACP (Afrique/Caraïbe/ Pacifique), réunis à Kinshasa en assemblée parlementaire paritaire (APP), appellent l'UE et la communauté internationale à se mobiliser pour lutter contre l'insécurité croissante dans la bande sahélo-saharienne. La recrudescence des activités de la branche maghrébine d'Al Qaïda dans cette zone peu peuplée et propice aux trafics en tous genres (drogues, armes et êtres humains) motive cet appel formulé dans une résolution d'urgence qui sera adoptée samedi 4 décembre.
Inquiets de la détérioration des conditions de sécurité, qui a coûté la vie à de nombreuses personnes et qui a un impact important sur les secteurs minier et touristique, les élus demandent la libération de tous les otages encore détenus. Les parlementaires européens et ACP estiment que l'UE et la communauté internationale doivent appuyer les États riverains (Algérie, Mali, Niger, Mauritanie, Libye Tchad) via des moyens de surveillance aérienne, des équipements militaires et un appui technique pour lutter contre la branche maghrébine d'Al Qaïda (AQMI) qui opère sur un territoire de 4 millions de km carrés.
Cette organisation terroriste affiliée au mouvement Al Qaïda a contribué à l'insécurité en enlevant et séquestrant des otages dans cette zone aride et peu peuplée de plus en plus utilisée par les cartels de la drogue d'Amérique latine pour le trafic de cocaïne notamment est une menace pour la sécurité dans le monde. L'option militaire ne peut être efficace qu'adossée à un développement de la région, souligne la résolution. L'investissement de la bande sahélo-saharienne par les narcotrafiquants, vendeurs d'armes et les passeurs de migrants est qualifié de 'menace pour la sécurité dans le monde'. Les attaques terroristes en Afrique du Nord et de l'Ouest ont augmenté de 500% depuis 2001 dans cette zone 'charnière' entre l'Afrique subsaharienne et l'Europe.
L'APP appelle de ses vœux un sommet des chefs d'État de la région, sous l'égide de l'ONU, de l'UE et de l'Union africaine pour déterminer une stratégie de lutte contre le terrorisme. Les chefs d'État de la région sont, quant à eux, invités à créer un cadre permanent de concertation pour assurer la stabilité de la région. Appel leur est lancé pour qu'ils améliorent le contrôle du commerce des armes légères et geler les avoirs bancaires des suspects. (Parl. - A.N.)