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Bulletin Quotidien Europe N° 10269
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/maroc/sahara

Double audition au Parlement européen

Bruxelles, 02/12/2010 (Agence Europe) - La commission des affaires étrangères du Parlement européen a organisé mercredi 1er décembre à Bruxelles une double audition sur le Sahara Occidental et elle a entendu, séparément, Mohamed Salem Ouldsalek, en charge des relations extérieures du Front Polisario (mouvement sahraoui), et Fassi-Fihri, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération du Maroc. Ces deux rencontres ont été programmées suite aux récents incidents dans cette zone, occupée pour les premiers, libérée pour le royaume chérifien et assimilée comme une « province du Sud ». Lors de sa dernière session plénière, le Parlement européen a donné son avis par une résolution (notre bulletin n° 10265), qui est rejetée par le Maroc. Son ministre des Affaires étrangères a estimé que la résolution est « injuste et déséquilibrée » et « ne tient pas compte d'un certain nombre de faits ».

Mercredi, la commission des affaires étrangères a rappelé l'avis donné en plénière et estimé que la « surveillance de la situation des droits de l'Homme est nécessaire ». L'eurodéputé José Ignacio Salafranca (PPE, espagnol) a suggéré que le mandat de l'ONU sur le Sahara englobe désormais la surveillance de ces droits et Ioannis Kasoulides (PPE, chypriote) a proposé qu'une mission indépendante soit chargée d'un tel « monitoring ». Pier Antonio Panzeri (S&D, italien), qui est également président de la délégation parlementaire européenne pour les relations avec les pays du Maghreb et l'UMA, a proposé l'envoi d'une délégation du Parlement européen à Laâyoune (capitale du territoire, ndlr). « Nous voulons un dialogue ouvert avec le Maroc car il est un partenaire important pour l'UE », a-t-il dit.

La situation a atteint « un point de non-retour », a estimé le représentant du Polisario. Elle oblige, a-t-il dit, à un « changement » pour sortir du statu quo actuel et du piétinement des efforts de l'ONU, estimant que le Sahara occidental est « la dernière colonie en Afrique ». Il a affirmé la nécessité d'un « processus d'autodétermination » par le biais d'un référendum comme ceux organisés au Timor oriental et sur la Namibie. Il a, dans la suite des débats, affirmé sa « préoccupation » face à « l'inclusion des eaux du Sahara Occidental dans l'accord de pêche UE-Maroc » dont le renouvellement, en février 2011, requiert le consentement du Parlement. « Le Maroc n'a aucune base juridique pour l'exploitation de ces eaux », a-t-il affirmé soutenu notamment par Raül Romeva i Rueda (Verts/ALE, espagnol). Tandis que le chef de la diplomatie marocaine a plaidé pour que dans ce territoire disputé, qui est pauvre, a-t-il affirmé, la pêche puisse « prospérer grâce à l'investissement public et privé » drainé par son pays.

M. Fassi-Fihri a, dans son intervention, démenti les informations livrées au cours des échanges de vues (par l'eurodéputée Ana Gomes, socialiste portugaise, notamment, selon laquelle « les rapports de renseignement européens (font état), de 500 à 600 personnes mortes » lors du démantèlement du camp de Gdaim Izik): « Le camp a été démantelé de manière parfaitement pacifique, et pas un seul civil n'est mort ». Pour M. Fassi-Fihri, « un référendum n'est pas la panacée », estimant que « l'autodétermination doit être trouvée par la voie de la négociation politique » et en tout cas, a-t-il averti, « le Maroc doit faire partie de toute solution trouvée à cette question ». (F.B.)

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