Bruxelles, 02/12/2010 (Agence Europe) - L'aide de l'UE pour soutenir la lutte contre le changement climatique dans les pays en développement vulnérables au réchauffement n'est pas consentie sous forme de prêts mais bien de dons, et les 7,2 milliards en cours de mobilisation pour 2010-2012 ne sont pas des dollars mais bien des euros, a précisé jeudi la Commission européenne.
Alors que sont en cours à Cancún des discussions difficiles sur les moyens de financer l'aide promise pour soutenir les efforts d'adaptation et d'atténuation des pays en développement (30 milliards de dollars pour 2010-2012 et 100 milliards par an d'ici à 2020), la Commission européenne a tenu à rectifier certaines erreurs sur la nature et l'ampleur de l'offre européenne présentée mercredi à Cancún, par souci de transparence.
Maria Kokonen, porte-parole de la commissaire au Climat Connie Hedegaard, a démenti à Bruxelles les affirmations parues dans la presse, selon laquelle l'offre européenne serait constituée de prêts plutôt que de dons. « C'est faux. L'UE n'a jamais dit que l'aide au développement devait revêtir uniquement la forme de prêts. L'UE n'a nullement l'intention d'alourdir la dette de ces pays. Mais les prêts doivent aussi jouer un rôle dans le financement de la lutte contre le changement climatique car ils peuvent maximiser le montant total de fonds disponibles pour financer une action précoce dans les pays en développement en jouant un rôle de levier pour mobiliser des fonds privés. Ceci est particulièrement vrai dans le domaine de l'efficacité énergétique où de nombreux investissements sont bénéfiques en ce qu'ils allègent la facture énergétique des ménages dans les pays en développement. Des fonds utilisés de manière 'revolving', c'est la garantie qu'un plus grand nombre de ménages y aura accès ».
Quant aux prêts accordés par l'UE, via la BEI, la porte-parole a précisé qu'ils « sont souvent consentis à des termes très avantageux et qu'ils s'apparentent à des dons jusqu'à hauteur de 75% ».
Enfin, les 7,2 milliards d'euros promis par l'UE à Copenhague pour le financement à mise en œuvre rapide équivalent actuellement à 9,4 milliards de dollars et représentent donc quasiment un tiers des sommes promises par les pays riches, souligne la Commission.
Cette confusion dans la nature et le montant de l'aide européenne est peut-être révélatrice de la confusion qui entoure le financement de la lutte contre le changement climatique et que l'ancien président brésilien Lula a lui-même déplorée. « La proposition de financement est très confuse », a-t-il dit.
Pour apporter aux pays en développement un peu de clarté, le programme des Nations unies (PNUD) et la Banque mondiale ont lancé conjointement mardi 30 novembre, le site Internet « climatefinanceoptions.org » qui fourni moult informations sur les sources de financement disponibles. (A.N.)