Bruxelles, 02/12/2010 (Agence Europe) - La Chine fait tièdement part de sa volonté de conciliation avec l'UE sur le dossier de l'ouverture des marchés publics. Mais Beijing s'inquiète surtout de la montée du protectionnisme en Europe. Et continue à plaider pour une réévaluation progressive du yuan.
Invité par la commission du commerce international du Parlement européen à présenter les vues de Beijing sur ses relations avec les Vingt-sept, jeudi 2 décembre, l'ambassadeur de la Chine auprès de l'UE, Song Zhe, traduit par un interprète du mandarin vers l'anglais, a montré un ton timidement conciliant sur le dossier de l'ouverture des marchés publics. « Le premier ministre Wen Jiabao a promis que nous procéderons par étapes pour apporter des améliorations dans ce domaine, et pour que les entreprises étrangères se développent en Chine. Nous ferons ce que nous avons promis », a assuré M. Song. Le représentant chinois ne s'est pas éternisé sur la question, déplorant par la suite la montée du protectionnisme en Europe, caractérisée par les mesures de défense commerciale adoptées par les Vingt-sept contre les importations de produits chinois. « Nous sommes très préoccupés par le nombre croissant de mesures protectionnistes et antidumping adoptées par l'UE », a-t-il insisté. L'ambassadeur chinois a également réaffirmé que, tout en restant engagée à réformer le régime de change de sa devise, Beijing le fera seule et quand elle le décidera. « Il n'est pas objectif et il est injuste de rendre le yuan renminbi sous-évalué responsable du chômage interne (en Europe, NDLR). L'appréciation du yuan ne peut pas aider à résorber les déséquilibres globaux », a insisté M. Song, promettant néanmoins que la Chine mènera à bien la réforme de sa devise, tout en avertissant du risque de la réévaluation du yuan pour la rentabilité des entreprises européennes opérant en Chine. Enfin, l'ambassadeur chinois a fait part de la volonté de son pays à aider l'UE à surmonter le ralentissement de son activité économique. « La Chine s'est rangée du côté de l'Europe pour surmonter les difficultés. Notre soutien à l'UE est mutuellement bénéfique pour les deux parties », a poursuivi M. Song, promettant par ailleurs une plus grande ouverture des marchés chinois à la participation étrangère dans le secteur des services, de la finance, de l'éducation, des soins de santé, des technologies de l'information et des sports. (E.H.)