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Bulletin Quotidien Europe N° 10269
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/Énergie

Poursuivre sur la voie montrée par la présidence belge

Bruxelles, 02/12/2010 (Agence Europe) - Dans le domaine de l'énergie, la Hongrie, qui prendra les rênes de la Présidence du Conseil début 2011, aura fort à prouver pour ne pas souffrir de la comparaison avec le pays qui la précède dans la rotation des présidences, la Belgique. Venu dresser le bilan de sa présidence et évoquer l'ordre du jour du Conseil Énergie du 3 décembre devant les membres de la commission de l'énergie du Parlement européen, jeudi 2 décembre, Paul Magnette a insisté sur la nécessité de poursuivre et d'intensifier les efforts dans des domaines qu'il avait placés au cœur de son action: la protection des consommateurs, l'efficacité énergétique et les infrastructures. Le ministre belge peut pourtant se targuer d'un exercice réussi de sa présidence. Son franc-parler, sa maîtrise des dossiers et ses préoccupations sociales pour des consommateurs européens quelque peu oubliés par le processus de libéralisation ont aussi apporté un élan de fraîcheur à une politique énergétique de l'UE en gestation.

Protection des consommateurs. « J'avais voulu que [ce] thème soit au centre de notre action. Il était temps de faire un premier bilan, pour voir si les bénéfices attendus de la libéralisation étaient réels », a expliqué M. Magnette. Or, le plus grand nombre de plaintes de consommateurs relevé par le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) se situe dans le secteur de l'énergie, a-t-il poursuivi, soulignant que les travaux de l'organisation ont montré que la précarité énergétique touche entre 50 et 125 millions de personnes soit en termes d'accès difficile à l'énergie, soit par le fait qu'ils ne peuvent pas payer leurs factures. M. Magnette a aussi souligné que 65 millions d'Européens ont un budget consacré à l'énergie supérieur au citoyen moyen, et que 8% d'Européens souffrent aujourd'hui des retards de paiement. Pour la première fois, le Conseil de l'UE adoptera ce vendredi des conclusions appelant la politique énergétique à être davantage axée sur les consommateurs, mais il faudra redoubler d'efforts en substance à travers le Forum des citoyens (Forum de Londres) et la mise en réseau des médiateurs nationaux de l'énergie pour prendre en compte la pauvreté énergétique et les consommateurs vulnérables. Il faudra également veiller à faire des évaluations économiques et sociales en matière de compteurs intelligents avant d'investir en masse, a insisté le ministre belge.

Efficacité énergétique. « C'est un thème où l'on peut craindre que l'Europe ne prenne pas toute l'avance qu'elle pourrait. Nous pouvons nous fixer et atteindre des objectifs extrêmement ambitieux », a insisté M. Magnette. Or, « les premières estimations ne nous rendent pas optimistes. Si elle poursuit sur cette voie, l'Europe va vers 9% d'économie d'énergie à l'horizon 2020 plutôt que vers l'objectif fixé de 20%, alors qu'elle pourrait atteindre 50% en 2030 selon les experts. Nous devons faire en sorte que ce thème soit endossé par les chefs d'État et de gouvernement (à l'occasion du Conseil européen du 4 février, NDLR) comme une priorité majeure. L'Europe doit prendre le leadership, mais elle doit s'en donner les moyens et faire preuve de la plus grande volonté » au plus haut niveau, à poursuivi le ministre belge. Interrogé par la Slovène Romana Jordan-Cizelj (PPE) sur sa préférence sur la nature des objectifs de l'UE en matière d'efficacité énergétique, M. Magnette n'a pas caché qu'il est, à titre personnel, en faveur d'objectifs contraignants. Mais il a néanmoins tenu à nuancer sa position. « Avant de parler d'objectifs contraignants, il faut d'abord s'assurer que l'efficacité énergétique est la priorité numéro un. Il vaut mieux consommer moins que construire des pipelines, il s'agit toujours de la meilleure politique en termes environnemental et social. C'est l'objectif que l'UE doit se donner: être leader mondial en la matière aux horizons 2030 et 2050 », a insisté le ministre belge, en soulignant la nécessité de poursuivre les efforts en matière de normalisation. « Il faut identifier les secteurs d'activités et de production où il n'y a pas encore de normes. Il doit y avoir un effet de normalisation positive pour donner les bons signaux à l'industrie. On continue à faire des absurdités aujourd'hui qu'on paiera beaucoup plus cher dans 20 ans quand il faudra rénover », a-t-il ajouté, mettant aussi l'accent sur la R&D dans les technologies visant un degré de performance énergétique élevée.

Investissement dans les infrastructures. « C'est une nécessité pour créer un marché intégré, assurer la sécurité énergétique et la transition vers un bouquet énergétique plus durable. Selon l'évaluation faite par la Fondation pour le climat, nous devrons faire 52 milliards d'euros par an d'investissement pour relever les défis en la matière », a rappelé M. Magnette. Avant d'informer les députés que vendredi, le commissaire à l'Énergie Günther Oettinger devrait dresser devant les ministres l'état des lieux des projets d'infrastructures en matière d'électricité, de gaz, d'énergie éolienne et de capture et stockage de carbone auquel l'UE a donné un coup de pouce via une enveloppe de près de 4 milliards d'euros octroyée cette année dans le cadre du plan européen de relance de 2008. (E.H.)

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