Bruxelles, 02/12/2010 (Agence Europe) - La Commission européenne s'est opposée jeudi à l'automaticité des expulsions d'étrangers en Suisse, à la suite du vote de dimanche dernier. « Il ne doit pas y avoir d'automaticité », a dit catégoriquement la commissaire aux Affaires intérieures Cecilia Malmström, après une réunion des ministres de l'Intérieur de l'UE à laquelle participait une responsable suisse. « Être membre de l'espace Schengen implique des obligations qu'il incombe à la Suisse de respecter. Il faut faire en sorte que toute législation soit en accord avec les engagements Schengen et l'ensemble des obligations internationales », a rappelé Melchior Wathelet, secrétaire d'État belge à la politique de Migration et d'Asile. De son côté, la conseillère fédérale helvétique pour la Justice et la police Simonetta Sommaruja a tenté d'apaiser les craintes concernant des accords sur la libre circulation avec l'UE: « Je me suis engagée personnellement à trouver une solution qui nous permette à la fois de respecter nos obligations constitutionnelles et nos obligations internationales ». Pour elle, l'adoption de l'initiative du parti populiste UDC proposant une expulsion automatique des criminels étrangers « n'aura pas de conséquences immédiates sur la libre circulation des personnes ». Et de souligner que la Suisse va essayer d'appliquer ce projet « en évitant des contradictions » avec ses obligations internationales. « Nous allons voir où il y a des possibilités d'interprétation. Mais ce ne sera pas facile », a-t-elle toutefois reconnu. Un groupe de travail va faire des propositions au gouvernement qui les présentera au Parlement lequel devra trancher, a expliqué la responsable, sans s'engager sur un calendrier précis. (B.C.)