Bruxelles, 02/12/2010 (Agence Europe) - La commission des affaires étrangères du Parlement européen (AFET) a approuvé mercredi 1er décembre l'accord de stabilisation et d'association (ASA) négocié entre l'UE et la Serbie. Le vote en plénière est programmé pour janvier 2011. L'ASA a été dégelé par le Conseil en juin de cette année après de longs mois de blocage par les Pays-Bas en raison du manque de coopération de Belgrade avec le Tribunal pénal international sur l'ex-Yougoslavie (EUROPE n° 10159). Le processus de ratification dans les États membres avait été lancé après l'été ; jusqu'ici, il est déjà complété dans 11 pays.
L'AFET a aussi adopté, le même jour, le rapport du Slovène du groupe ADLE Jelko Kacin sur la Serbie. Dans ce rapport voté à une très large majorité, les députés appuient la décision du Conseil d'octobre dernier (EUROPE n° 10243) demandant à la Commission européenne de préparer son 'avis' sur la demande d'adhésion de la Serbie à l'UE. Une coopération pleine et entière de Belgrade avec le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), y compris l'arrestation de Radko Mladic et Goran Hadzic, reste cependant une « condition essentielle » pour que la Serbie puisse progresser dans le processus d'adhésion, soulignent les députés.
Kosovo. Les députés demandent aussi que le dialogue entre la Serbie et le Kosovo (avec l'aide de l'UE) s'ouvre sans retard. La volonté de compromis de chacune des parties est nécessaire pour assurer la stabilité à long terme et améliorer le bien-être de la population kosovare, estiment-ils.
Visas, réfugiés, Roms. Depuis décembre 2009, les ressortissants serbes peuvent voyager sans visa dans les pays de la zone Schengen, tandis que les citoyens de l'UE peuvent se rendre en Serbie avec une simple carte d'identité. Les autorités serbes doivent adopter les mesures nécessaires et mettre tout en œuvre pour limiter les possibilités d'abus du régime d'exemption de visa, notamment pour faire en sorte que les ressortissants serbes soient correctement informés de leurs droits et obligations, affirme l'AFET. La Serbie possède le nombre le plus élevé de réfugiés et de personnes déplacées internes en Europe et leur situation en matière de logement et de pauvreté est critique, notent les députés qui réclament des mesures supplémentaires pour apporter une solution durable à ce problème. Les Roms sont la cible de nombreuses discriminations, y compris le déplacement forcé et les entraves à l'accès au marché du travail, note encore l'AFET. Les députés estiment qu'ils devraient pouvoir disposer de cartes d'identité et bénéficier d'un meilleur accès au logement, à l'éducation et aux soins de santé. Les députés soulignent également l'importance de médias forts et indépendants et demandent que des mesures soient prises pour garantir leur indépendance vis-à-vis de toute influence politique ou autre. Ils condamnent les attaques et les menaces visant les journalistes serbes et demandent aux autorités de mener une enquête approfondie sur ce sujet et de traduire les coupables en justice. (H.B.)