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Bulletin Quotidien Europe N° 10236
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/biodiversitÉ

Le Conseil affiche une ambition sans faille pour Nagoya

Luxembourg, 14/10/2010 (Agence Europe) - Une poignée de jours seulement avant que ne débute à Nagoya la dixième conférence mondiale sur la biodiversité (COP 10, Japon, 18-29 octobre), les ministres de l'Environnement des 27, réunis à Luxembourg, n'ont pas lésiné sur leur niveau d'ambition, dans l'espoir que l'UE pourra inspirer les négociations internationales.

L'heure est grave car, loin d'avoir été stoppé, « l'appauvrissement de la biodiversité causé par l'activité humaine se poursuit à un rythme sans précédent qui devrait s'accélérer encore au cours du 21ème siècle », soulignent les 27, alarmés. Il faut donc impérativement un nouvel objectif ambitieux à l'horizon 2020 assorti d'un plan stratégique pour l'atteindre: la conclusion d'un Protocole contraignant sur l'accès aux ressources génétiques et le partage des avantages liés à leur utilisation ; et la mobilisation de ressources financières suffisantes pour stopper le déclin de la biodiversité mondiale dans les dix ans. Ce sont là des enjeux essentiels pour satisfaire les attentes élevées des pays en développement.

Mais pour le financement, l'UE ne mettra pas d'argent neuf sur la table à Nagoya, sa contribution à l'effort mondial étant déjà estimée à quelque 900 millions d'euros par an. Les conclusions unanimes adoptées le 14 octobre par le Conseil Environnement ont valeur de mandat de négociation pour l'UE, en ce qu'elles finalisent celui déjà entériné au plus haut niveau par le Conseil européen du 15 mars.

« Il faut un équilibre entre le plan stratégique ambitieux et la mobilisation accrue des ressources mais pour tenir compte de la récession nous ne mettrons pas de nouveaux fonds sur la table. Il faut parvenir à un mécanisme de financement multilatéral et innovant », a expliqué Joke Schauvliege, ministre belge qui a présidé les travaux.

Le Conseil appelle l'UE à soutenir les efforts qui encouragent la mise au point de plans de financement viables par le recours à des mécanismes financiers innovants tant pour les financements publics que privés, et souligne l'importance que revêtent, à cet égard, la suppression et la réorientation des subventions préjudiciables à la biodiversité, et la rétribution des services écosystémiques.

Les ministres de l'Environnement des 27 invitent la Commission à continuer à communiquer le montant des fonds liés à la préservation et l'utilisation durable de la biodiversité, à la fois dans l'UE et au niveau mondial. Le Conseil en appelle aussi à une responsabilité accrue de secteurs essentiels (l'agriculture, la sécurité alimentaire, la sylviculture, la pêche, les activités minières et l'énergie, l'aménagement du territoire, le transport, le tourisme, le commerce et le développement) pour intégrer avec détermination les préoccupations liées à la biodiversité.

L'enjeu de ces négociations difficiles est très grand car après l'échec des objectifs fixés en 2002 à Johannesburg, Nagoya sera véritablement un test de crédibilité quant à la capacité de la communauté internationale à ralentir le déclin de la biodiversité, et celle de l'UE à l'enrayer, avec dix ans de retard. (A.N.)

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