Bruxelles, 29/09/2010 (Agence Europe) - Les députés européens membres de la délégation pour les relations avec le Maghreb ont procédé, mardi 28 septembre à Bruxelles, à une évaluation des relations avec l'Algérie en auditionnant à la fois Manfredo Fanti, chef d'unité Maghreb à la Commission européenne, Hakim Darbouche, chercheur algérien à Oxford Institute for Energy Studies, et Amine Sidhoum, avocat, membre du bureau du collectif des familles de disparus en Algérie.
M. Fanti a fait part du vœu algérien de réadapter l'accord qui découle de la déception dans ce pays face au faible développement des investissements européens et aussi au besoin de tenir compte des caractéristiques d'une économie plus axée sur les richesses en hydrocarbures. « Ils ont souhaité revoir certaines clauses commerciales sur le démantèlement tarifaire ». Rendez-vous est pris dans les prochaines semaines pour le début des pourparlers techniques.
M. Darbouche a, pour sa part, présenté une analyse détaillée de l'économie algérienne et du rôle prépondérant du pétrole et surtout du gaz pour envisager l'avenir et, a-t-il souligné, « il y a entre l'Algérie et l'Europe une interdépendance structurelle » dans ce domaine. La voie d'avenir serait, à son avis, « d'institutionnaliser » cette relation particulière. Il souligne l'urgence car, dit-il, graduellement, les « intérêts paraissent s'éloigner » alors que l'Algérie est en passe de devenir d'ici 2018 le principal fournisseur gazier de l'UE. La relation avec l'Algérie est largement convoitée par d'autres ensembles économiques, dont la Chine, mais il relativise la faiblesse des investissements européens plus due à la capacité insuffisante de l'attractivité algérienne qu'à une défiance européenne. Revoir la relation établie dans le cadre de l'accord d'association serait une nécessité car « le libre-échange n'a pas d'avenir » et la Politique européenne de voisinage, « trop bilatérale », n'offrirait aucun intérêt pour les Algériens. Il a ajouté à l'évocation du dialogue politique promu avec Alger que « bâtir la relation sur le seul volet politique ne peut suffire ».
M. Sidhoum a, de son côté, brossé un tableau sombre de la situation des droits de l'Homme dans son pays, évoquant les disparitions, les atteintes aux libertés fondamentales (presse, association, etc.), et appelant l'UE à réagir. (F.B.)