Bruxelles, 01/07/2010 (Agence Europe) - À Bruxelles, c'est le mutisme à propos de l'invitation que le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, a lancée à ses collègues européens pour une visite à Gaza afin qu'ils puissent y constater que la situation humanitaire n'est pas aussi dramatique qu'ils le croient (EUROPE n° 10169). Les services de Catherine Ashton (en manque de porte-parole direct et d'un service à la hauteur des ambitions de la diplomatie commune, en cette phase de mise en place du service extérieur, faut-il souligner), ne peuvent en l'état, ni confirmer l'existence de l'invitation ni si la Haute représentante pour les affaires étrangères est susceptible de figurer sur la liste des invités.
La seule confirmation est venue de Paris. Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a indiqué mardi 29 juin que « Bernard Kouchner a répondu positivement au principe d'une visite de ministres européens à Gaza », ajoutant toutefois qu'un « certain nombre de conditions doivent être réunies pour que cette visite puisse avoir lieu de façon utile » sans plus de détails. Il a, en outre, précisé que « la question sera discutée entre Européens dans les jours qui viennent » et, a-t-il affirmé, « pour l'instant, aucune date n'a été déterminée ».
La question demeure et elle est de savoir si cette invitation qui a été révélée par le ministre israélien des Affaires sociales annonce ou non une assouplissement du blocus de Gaza. L'ambassade d'Israël à Bruxelles ne confirme ni n'infirme l'existence d'une telle invitation.
Selon le Jerusalem Post, la perspective d'un changement vis-à-vis de Gaza fait débat en Israël: « Le ministère de la Défense craint que le gouvernement ne cède aux pressions internationales visant à autoriser l'exportation de biens depuis la bande de Gaza ». Le journal cite dans son édition du 30 juin, « des sources officielles », selon lesquelles « la communauté internationale - l'envoyé spécial du Quartette, Tony Blair, en tête - serait en train de formuler un plan destiné à convaincre Israël d'assouplir encore davantage le blocus de Gaza, en autorisant l'exportation de biens. Les marchés potentiels seraient, dans ce cas: Israël, les territoires palestiniens de 'Judée-Samarie' et l'Europe ». (F.B.)