Bruxelles, 17/06/2010 (Agence Europe) - Victoire pour la lutte contre la déforestation dans le monde. Les négociateurs du Parlement européen, du Conseil de l'UE et de la Présidence espagnole sont parvenus, mercredi 16 juin à Strasbourg, à un compromis de deuxième lecture sur la proposition de règlement visant à combattre efficacement le commerce du bois illégalement abattu et de ses produits dérivés dans l'UE.
Le texte tel que négocié prévoit clairement l'interdiction de mise sur le marché européen du bois illégalement abattu et de ses produits dérivés ainsi que des sanctions pour les contrevenants. Il exige aussi des acteurs de la chaîne d'approvisionnement d'assurer la traçabilité du bois et de s'abstenir de toute mesure qui pourrait compromettre les objectifs du règlement - cela pour assurer que l'interdiction sera bien réelle, souligne Caroline Lucas (Verts/ALE, britannique), rapporteur sur ce dossier. « Je suis ravie que le Parlement soit parvenu à apporter des améliorations fondamentales au projet de règlement initial. Interdire le bois illégalement abattu sur le marché de l'UE constitue un précédent important pour que l'UE assume la responsabilité des impacts extérieurs de sa consommation », déclare-t-elle dans un communiqué.
Aux termes du compromis, les entreprises européennes seront tenues de remonter l'origine du bois jusqu'au pays d'origine et du lieu de sa récolte, et d'assurer le contrôle des produits considérés comme susceptibles d'être illégaux. Les matériaux imprimés comme les livres seront exemptés des dispositions du futur règlement.
Ce texte renforce de manière significative le programme FLEGT (Forest Law, Governance and Trade Partnership programme) de l'UE et les accords de partenariats bilatéraux du même nom conclus avec certains pays fournisseurs de bois tropical pour assurer que seul le bois d'origine légale soit exporté vers l'UE.
Greenpeace se réjouit de ce compromis comme d'un signal clair adressé au marché, porteur de changements majeurs dans l'industrie forestière. « Si cette loi est adoptée, le bois illégal sera interdit en Europe. Le marché le plus grand au monde est sur le point de fermer ses portes aux entreprises qui protifent du trafic illégal et de la destruction de la forêt. Le marché noir des produits du bois est souvent aux mains de criminels qui alimentent les conflits, qui privent les gouvernements de revenus et causent des dégâts environnementaux irréversibles », fait observer Sebastien Risso, directeur de la politique des forêts chez Greenpeace.
L'ONG regrette seulement que le compromis soit « insuffisant » pour ce qui concerne les sanctions, que la date d'application du futur règlement (deux ans après son entrée en vigueur) soit trop tardive et que des exemptions soient prévues pour les matériaux imprimés. Greenpeace souligne qu'au Conseil, la Suède et le Portugal ont été les États membres les plus acharnés à assouplir le texte. Le compromis trouvé doit encore être entériné par le Conseil et le Parlement pour pouvoir être formellement adopté. (A.N.)