Bruxelles, 17/06/2010 (Agence Europe) - Le Liban et l'UE ont réuni, mardi 15 juin à Luxembourg, la 5ème session de leur Conseil d'association qui n'a donné lieu ni à une déclaration finale ni à une conférence de presse. Ce n'était que la routine d'une session, annuelle, destinée à faire le point sur une coopération sans réels problèmes, selon une source diplomatique.
Le plus gros a été de passer en revue le travail des cinq sous-comités mis en place dès le second semestre de 2009 (sous-comité sur les transports, l'énergie et l'environnement, y compris l'eau ; sous-comité sur la coopération douanière et la fiscalité ; sur les questions économiques et financières, sur le marché intérieur et sur l'industrie, le commerce et les services. Trois autres ont été créés en 2010, sur la justice et la sécurité, sur les droits de l'Homme, la démocratie et la gouvernance et sur l'agriculture et la pêche).
Sur le plan économique, l'UE a « félicité le Liban pour les efforts considérables qu'il a déployés en vue d'assurer en 2009 la stabilité macroéconomique en dépit de pressions intérieures et extérieures », mais elle note cependant que « de nombreuses réformes n'ont pas progressé ».
L'UE a tenu à souligner une nouvelle fois qu'elle attache une grande importance au dialogue politique institutionnalisé par l'accord d'association et, à ce titre, elle a noté avec satisfaction le bon déroulement des récentes élections législatives, mais elle appelle à poursuivre la réforme de la loi électorale et se déclare disposée à soutenir les travaux futurs qui auront pour objectif d'adapter le cadre électoral libanais aux normes internationalement reconnues. « Il convient de poursuivre le mouvement de réforme, en particulier vers l'indépendance de la gestion électorale. L'introduction de bulletins pré-imprimés renforcera substantiellement le processus électoral ». 2 millions d'euros sont promis pour financer la réforme du système électoral au Liban.
L'UE salue également la formation d'un gouvernement d'unité nationale et encourage celui-ci à « intensifier ses efforts de mise en œuvre des réformes ». L'UE salue le processus de normalisation des relations entre le Liban et la Syrie et elle encourage les deux parties à accomplir de nouveaux progrès. Dans le même temps, elle réitère son soutien au Tribunal spécial pour le Liban (suite à l'assassinat de Rafiq Hariri) et « invite instamment tous les membres de la communauté internationale à lui apporter leur appui et à coopérer pleinement avec lui ». L'UE prend, par ailleurs, « acte des efforts déployés par le Liban en vue d'améliorer la gestion de ses frontières extérieures ». L'UE serait disposée à l'y aider par la mise en œuvre d'une stratégie nationale. Le Liban est invité à « étendre son autorité sur son territoire par l'intermédiaire de ses forces armées » et l'UE et ses États membres sont « prêts à examiner de nouvelles demandes d'assistance aux forces armées libanaises ». L'UE souligne le rôle de la FINUL (Force des Nations unies pour le Liban), « y compris sa composante maritime, (qui) continue de s'acquitter avec succès de son mandat et contribue ainsi à préserver la paix au Sud-Liban », zone couverte par l'autorité de Hezbollah.
Il a par ailleurs été question du sujet - délicat pour les Libanais - du statut des réfugiés palestiniens. Ils craignent qu'une solution politique au Proche-Orient ne soit réalisée à leur détriment par le maintien sur leur territoire de telles populations déracinées. « Sans préjuger des résultats des négociations de paix sur les questions relatives au statut final, l'UE note avec satisfaction que les autorités libanaises s'engagent à continuer d'améliorer le statut économique et social des réfugiés palestiniens ». L'UE l'invite cependant à « poursuivre les initiatives visant à améliorer les conditions de vie dans les camps », au besoin « en modifiant la législation ». (F.B.)