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Bulletin Quotidien Europe N° 10133
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/Économie

Plus optimiste pour la croissance, la Commission juge les déficits préoccupants

Bruxelles, 05/05/2010 (Agence Europe) - Dans le contexte actuel, les dernières prévisions économiques de la Commission européenne constituent presque un motif de satisfaction. « L'amélioration des perspectives de croissance économique cette année est une bonne nouvelle pour l'Europe », a en tout cas apprécié Olli Rehn en présentant à la presse les prévisions économiques de printemps. Avec un quart de point de pourcentage en plus que dans les prévisions d'automne, les chiffres présentés mercredi 5 mai par le commissaire sont certes un peu plus optimistes, mais l'incertitude entourant la relance économique en Europe reste élevée, comme le montrent les tensions récentes observées sur les marchés d'obligations d'État. La croissance de la zone euro devrait être de 0,9% en 2010 et de 1,5% en 2011 et celle de l'UE de respectivement 1% et 1,7%.

Cette modeste révision à la hausse est surtout le fruit de performances de l'économie mondiale meilleures que prévu (en particulier en Asie), dont ont profité les exportations de l'UE. En 2010, l'évolution des échanges commerciaux mondiaux devrait être deux fois plus forte qu'anticipé à l'automne, constate la Commission, qui pointe en revanche la faiblesse de la demande intérieure en Europe (en particulier les investissements). Dans ces conditions, la reprise sera progressive et variée d'un État membre à l'autre, juge-t-elle. Dans l'ensemble, la croissance devrait rester modérée lors des trois premiers trimestres en 2010, avant de gagner un peu de vigueur vers la fin de l'année.

Parmi les principales économies, la France et l'Allemagne devraient connaître une croissance plus forte que la moyenne cette année (avec respectivement 1,3% et 1,2%), alors que l'Espagne restera en récession (-0,4%). Le Royaume-Uni pourrait connaître une hausse des activités de 1,2% en 2010 (et 2,1% en 2011) et la Pologne, seul pays de l'UE n'ayant pas connu une récession, continuera à croître à un rythme relativement soutenu (2,7% en 2010 et 3,3% en 2011).

Pour les économies plus petites, le rebond est particulièrement marqué au Luxembourg (2% en 2010 et 2,4% en 2011), en Slovaquie (2,7% et 3,6%) ou en Suède (1,8% et 2,5%). Le PIB se contractera en revanche cette année encore à Chypre (-0,4%), en Irlande (-0,9%), en Lettonie (-3,5%) et en Lituanie (-0,6%). En Grèce, le recul du PIB sera plus important qu'envisagé jusqu'à présent et risque encore de se creuser suite aux toutes récentes mesures d'austérité prises dans le cadre du programme négocié avec la Commission, la BCE et le FMI. Pour l'instant, la Commission table sur un repli du PIB de 3% cette année (contre -0,3% en novembre dernier) et un autre de 0,5% en 2011 (contre une hausse du PIB de 0,7% dans ses dernières prévisions). Les autres pays de l'UE auront tous retrouvé le chemin d'une croissance positive d'ici l'année prochaine au plus tard, estime aussi la Commission.

L'impact de la crise sur le marché du travail sera plus mesuré que ne le prévoyait la Commission lors de son dernier exercice saisonnier (d'un demi-point de pourcentage), même si le taux de chômage sera de 9,8% pour l'UE et 10,3% pour la zone euro en 2010. Cela s'explique par certaines mesures à court terme et les décisions de rétention de la main-d'œuvre dans certains États membres et par des réformes antérieures, analyse la Commission. Les différences entre les États membres vont de 4-5% dans des pays comme les Pays-Bas et l'Autriche à environ 20% en Espagne et en Lettonie, où le déclin de la production dans le secteur de la construction est fortement ressenti.

Au plan des finances publiques, les déficits des États membres de l'UE sont « très élevés », a répété M. Rehn, qui juge cela « préoccupant ». Le niveau des déficits a triplé depuis 2008, souligne la Commission, qui s'attend à ce que l'UE connaisse un déficit de 7,2% du PIB cette année (contre 6,8% en 2009). Dans la zone euro le déficit sera de 6,6% du PIB en 2010 (contre 6,3% l'année dernière). Cette trajectoire est due à l'effet des stabilisateurs automatiques et aux mesures de relance budgétaires prises un peu partout, ainsi qu'à une baisse des recettes fiscales qui reflète un changement dans la composition de la croissance vers des éléments moins rentables fiscalement, comme les exportations. Une amélioration est envisagée pour 2011, avec des déficits de 6,5% dans l'UE et de 6,1% dans la zone euro, en raison principalement de la fin des mesures temporaires de soutien de l'économie. Le ratio de dette poursuivra en revanche sa trajectoire ascendante, atteignant près de 84% du PIB dans l'UE et 88,5% dans la zone euro en 2011. « Tous les États membres de l'UE devront prendre des mesures concrètes et intensifier leurs efforts » d'assainissement des finances publiques, a insisté le commissaire Rehn, en se disant par ailleurs favorable à un « renforcement » du Pacte de stabilité et de croissance. Selon lui, il est nécessaire d'introduire « une surveillance préventive plus rigoureuse » des politiques budgétaires des États membres et de mettre beaucoup plus l'accent sur la dette (pas seulement sur le déficit).

Le niveau de l'inflation a rebondi depuis son plus bas à la mi-2009, mais l'évolution des prix devrait rester modérée, conformément à l'objectif de stabilité de la Banque centrale européenne (BCE). Selon la Commission, le taux d'inflation devrait atteindre 1,5% dans la zone euro et 1,8% dans l'UE en 2010 (1,7% en 2011 dans les deux zones). (A.B.)

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