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Bulletin Quotidien Europe N° 10105
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/climat

Le Conseil européen donnera ses orientations pour dynamiser les négociations post-Copenhague mais c'est le Conseil de juin qui sera déterminant

Bruxelles, 24/03/2010 (Agence Europe) - Le volet extérieur de la stratégie climatique de l'UE après les résultats décevants de la Conférence de Copenhague (COP 15, 19 décembre) mobilisera l'attention des chefs d'État et de gouvernement des 27, vendredi 26 mars à Bruxelles. Eclipsé par la crise budgétaire grecque lors du Conseil extraordinaire informel du 23 février, le sujet sera dûment débattu, comme l'avait annoncé le président permanent du Conseil européen Herman Van Rompuy en février. Le temps presse car les négociations onusiennes reprennent en avril, au niveau des experts (Bonn, 7-11 avril).

Les 27 seront donc invités à réfléchir aux « moyens d'insuffler une nouvelle dynamique au processus de négociation. Tout en conservant notre objectif d'un accord juridiquement contraignant, nous devrions nous entendre sur une approche plus progressive, afin de remettre le processus de négociation sur les rails », précise le président permanent du Conseil européen dans sa lettre d'invitation aux chefs d'État et de gouvernement.

« Il ne s'agit pas de modifier le mandat de négociation arrêté l'an dernier, mais d'identifier la façon dont on pourrait renforcer la dynamique nouvelle des négociations. Cela implique de travailler sur un calendrier plus souple, sur un horizon de deux ans, et de faire un geste vers d'autres pays en essayant de dégager des terrains d'entente susceptibles d'augurer d'un succès des négociations», précise une source européenne.

Catherine Ashton, la Haute représentante pour les affaires extérieures et la politique de sécurité de l'UE, apportera sa contribution en livrant aux dirigeants européens son point de vue sur les moyens les plus adéquats d'œuvrer à un engagement accru des principaux partenaires stratégiques de l'UE. C'est à ce dessein qu'œuvre Connie Hedegaard, la commissaire européenne à l'Action pour le climat, qui poursuit ses consultations avec les partenaires clés (Chine, États-Unis, Mexique, etc.)

Rien de bien révolutionnaire n'est à espérer de ce Conseil européen de transition, étant entendu qu'il faudra attendre le Conseil européen des 17 et 18 juin pour que les 27 puissent disposer de l'étude de comparabilité des engagements des autres parties pour la réduction des émissions de CO2 à l'horizon 2020, de l'étude d'impact mise à jour concernant le passage de 20 à 30% pour l'objectif de réduction de l'UE, voire du rapport détaillé de la Commission européenne sur la situation des secteurs énergivores exposés à un risque significatif de fuite de carbone (la Commission est invitée à soumettre ce rapport avant le 30 juin 2010). C'est de ce dernier rapport que dépendra l'adoption d'éventuelles mesures d'ajustement aux frontières, particulièrement chères à la France, mais dont il n'est pas question à ce stade. Pour autant, le changement climatique doit rester « en haut de notre agenda », a rappelé mercredi, José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne devant le Parlement européen. Et d'ajouter: « L'UE était chef de file et le demeure (….) Alors, sortons de l'introspection à propos de Copenhague et prenons de nouveau l'initiative. Il nous faut une position claire, unie et ambitieuse ».

Le Conseil européen devrait confirmer, vendredi, son plein appui au processus de négociation dans le cadre onusien et la détermination de l'UE à mettre à profit toutes les rencontres avec les pays tiers pour construire le plus grand nombre d'alliances possibles.

Il devrait aussi préconiser l'établissement d'une feuille de route lors des prochaines réunions onusiennes de Bonn (en avril, puis du 21 mai au 11 juin), et l'adoption de décisions opérationnelles à Cancún. Les 27 devraient en outre rassurer les pays en développement en soulignant que l'UE s'emploie à dépenser les 2,4 milliards d'euros par an qu'elle a promis aux pays en développement pour la période 2010-2012 (dans le cadre d'une enveloppe globale de 30 milliards de dollars sur trois ans consignée dans l'Accord de Copenhague). C'est là, selon le ministre mexicain Juan Rafael Elvira Quesada, et futur président de la conférence de Cancún, l'un des leviers de progrès dans les négociations internationales (EUROPE n°10098). Le Conseil européen ne manquera pas non plus de faire mention de l'engagement pris collectivement de mobiliser 100 milliards de dollars par an pour les pays en développement à compter de 2020.

Dans leurs travaux, les chefs d'État et de gouvernement s'appuieront sur les convergences dégagées par le Conseil Environnement, qui, le 15 mars dernier, a approuvé, en l'affinant, la stratégie proposée par la Commission le 9 mars pour parvenir à des résultats concrets à Cancún (COP 16, 29 novembre-10 décembre) et rallier, pas à pas, le maximum de parties à un accord mondial, ambitieux et contraignant, plus probable en 2011 qu'en décembre prochain (EUROPE n° 10099 et n° 10094).

Le Conseil européen s'appuiera également sur les conclusions du Conseil ÉCOFIN du 16 mars qui, tout en confirmant l'engagement de l'UE à mobiliser 2,4 milliards d'euros par an pour la période 2010-2012 pour financer l'adaptation et l'atténuation dans les pays en développement, invitaient les autres parties à annoncer leur propre contribution à ce financement à mise en œuvre rapide (EUROPE n° 10100). (A.N.)

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