Bruxelles, 24/03/2010 (Agence Europe) - La Grande-Bretagne a annoncé l'expulsion d'un diplomate israélien en protestation contre l'utilisation de passeports britanniques lors de l'assassinat en janvier à Dubaï d'un chef du Hamas. C'est le chef de la diplomatie britannique, David Miliband, qui en a fait part, mardi 23 mars, à la Chambre des communes indiquant que son pays « avait des raisons convaincantes de croire qu'Israël était responsable de l'utilisation abusive des passeports britanniques ». Israël a fait part de sa déception par la voix de son ambassadeur à Londres, Ron Prosor.
Ce serait la première fois qu'un pays occidental adopte une telle mesure à l'encontre d'Israël. Selon des analyses faites par le centre d'études stratégiques « Chatham House », le gouvernement de Londres a voulu donner un message fort et audible alors que l'avertissement aurait pu être, comme d'usage dans les relations avec Israël, délivré de manière discrète. M. Miliband a voulu donner le maximum de retentissement à son geste, en avertissant les médias à l'avance et en s'exprimant publiquement devant la Chambre des communes, relève la presse depuis Londres. Cette mise en cause directe par l'un de ses États membres pourrait avoir des suites au plan européen, et on se souvient que le 22 février, le Conseil de l'UE adoptait une déclaration dans laquelle les 27 « condamnent fermement l'utilisation de passeports falsifiés de pays membres de l'Union européenne et de cartes de crédit obtenus via le vol d'identités de citoyens européens » (EUROPE n° 10083) s'abstenant toutefois d'évoquer la responsabilité d'Israël aujourd'hui clairement désigné par Londres (F.B.).