Bruxelles, 24/03/2010 (Agence Europe) - Dans une lettre ouverte au président du Conseil européen, Herman Van Rompuy et aux chefs d'État et de gouvernement qui se réunissent ces jeudi 25 et vendredi 26 mars en Sommet, le délégué général du Mouvement international ATD Quart Monde, Eugen Brand, demande à l'UE de se doter d'un tableau de bord complet de suivi de la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale. Ce tableau devrait faire l'objet d'une évaluation annuelle au Parlement européen et au Conseil. Il devrait être publié tous les ans le 17 octobre, à l'occasion de la journée mondiale du refus de la misère. En ce qui concerne l'indicateur monétaire qui fixe le seuil de pauvreté monétaire à 60% du revenu médian, le Mouvement appelle également à suivre le nombre de personnes qui se situent sous les taux de 50% et de 40% du revenu médian. Enfin, ATD Quart Monde invite l'UE à établir un partenariat avec les personnes en situation de pauvreté et les organisations de la société civile où elles choisissent de s'exprimer librement.
De son côté, le directeur du Réseau européen de lutte contre la pauvreté (EAPN), Fintan Farrell, a déclaré: « Pour EAPN, l'objectif chiffré sur la pauvreté relative proposé par la Commission atteste de l'engagement de l'Union dans une stratégie capable d'offrir une Europe meilleure pour tous ». « Si l'objectif chiffré sur la pauvreté est rejeté, ce sera un revers sévère pour la crédibilité de l'Union et un signe que ses dirigeants ne sont pas prêts à respecter la demande des citoyens d'une Europe plus sociale », a-t-il ajouté. L'objectif chiffré principal proposé par la Commission devra être accompagné par une série d'objectifs chiffrés nationaux décidés conjointement par les États membres et la Commission, basés sur l'évaluation rigoureuse de la réalité sociale et économique de chaque pays, ainsi que sur les engagements déjà pris dans certains secteurs tels que l'inclusion active, la pauvreté infantile et le sans-abrisme. Des plans d'action détaillant clairement les priorités politiques menant à l'atteinte des objectifs seront aussi nécessaires. Et Fintan Farrell d'ajouter que « pour un réel suivi de ces engagements, il faudra renforcer la méthode de coordination ouverte sur la protection et l'inclusion sociales en créant des partenariats dynamiques impliquant la société civile aux niveaux européen, national, régional et local ». (G.B.)