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Bulletin Quotidien Europe N° 10080
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/commerce

L'Algérie ne veut pas adhérer à l'OMC à n'importe quel prix

Bruxelles, 17/02/2010 (Agence Europe) - L'Algérie, qui éprouve l'envie de renégocier, sinon de réviser l'accord d'association qui la lie à l'UE depuis 2005 (EUROPE n° 10069 et 10071), n'est pas prête à adhérer à l'OMC à n'importe quel prix. Comme l'a indiqué son ministre du Commerce, El Hachemi Djaaboub, dans un entretien à l'agence de presse nationale APS vendredi 12 février, le gouvernement algérien ne juge pas opportun, à ce stade, de répondre aux requêtes formulées par l'OMC en vue de l'accession de l'Algérie à l'organisation qui régit le commerce mondial. Après 10 rounds de négociations multilatérales (la dernière en date du 17 janvier 2008) qui ont conduit l'Algérie à traiter pas moins de 1 600 questions relatives à son système économique et à tenir 93 réunions bilatérales avec 21 pays, le processus d'adhésion à l'OMC, lancé en 1987, est quelque peu grippé. Sont mises en cause les 96 questions posées en 2008 et 2009 par l'UE et les États-Unis, avec lesquels l'Algérie doit encore ficeler des accords bilatéraux à l'OMC sur l'accès au marché des biens et services (ainsi qu'avec l'Australie, le Canada, la Corée du Sud, l'Équateur, le Japon, la Malaisie, la Norvège et la Turquie), portant sur certains aspects de dossiers sensibles, comme la réglementation des prix, le double prix du gaz, les licences d'importation, les mesures sanitaires et phytosanitaires, les obstacles techniques au commerce, l'importation des voitures d'occasion, la taxe sur la valeur ajoutée, les subventions à l'exportation et les entreprises commerciales d'État. En effet, les réformes exigées par les pays membres de l'OMC sur chacune de ces questions pourraient avoir, aux yeux d'Alger, des « incidences négatives » sur l'économie du pays. Aussi, les autorités algériennes, qui dénoncent les deux poids deux mesures des pays membres de l'OMC à leur égard, en ce qu'ils s'accordent des largesses mais sont extrêmement exigeants avec ceux qui frappent à leur porte, ne sont pas prêtes à transiger sur ces questions au seul motif de satisfaire les besoins des pays membres de l'OMC en ouvertures commerciales pour leurs biens et services. « L'Algérie veut bien adhérer à l'OMC, mais pas à n'importe quel prix », a averti en janvier le premier ministre algérien Ahmed Ouyahia. Pour le ministre de l'Énergie et des Mines, Chakib Khelil, rien ne justifie, par exemple, la révision des prix du gaz en interne et externe exigée par l'OMC. Invoquant le motif qu'«[elle] ne veut pas devenir le dépotoir des véhicules des pays membres de l'OMC », le ministre du Commerce, El Hachemi Djaaboub, assure pour sa part que l'Algérie n'entend pas renoncer, comme le lui demande l'OMC, à son régime d'importation de véhicules d'occasion, qui interdit l'accès au marché algérien des véhicules de plus de trois ans. (E.H.)

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