Bruxelles, 13/07/2009 (Agence Europe) - Une majorité de ministres de l'Agriculture des États membres de l'Union européenne ont soutenu, lundi 13 juillet, la proposition visant à prolonger au-delà du 31 août la période d'intervention pour le beurre et le lait écrémé en poudre, en vue d'aider les producteurs de lait (EUROPE n° 9938). Plusieurs pays ont demandé d'envisager des mécanismes supplémentaires pour surmonter la crise (dont France, Allemagne et Espagne), tandis qu'une poignée d'autres (Royaume-Uni, Danemark) ont protesté contre toute intervention publique. L'Italie a annoncé qu'elle voterait contre ce règlement, car elle estime que l'argent destiné à prolonger l'intervention devrait servir à tout autre chose, à savoir à créer une sorte de fonds pour aider les producteurs de lait qui sont en très grande difficulté à sortir de la profession (avec la constitution d'une réserve de quotas).
Compte tenu du fait que l'avis (consultatif) du Parlement européen est nécessaire sur ce texte, le règlement ne pourra pas être adopté à temps avant la fin de la période d'intervention (31 août). Forte du soutien de la majorité des délégations du Conseil, la Commission européenne a annoncé qu'elle adopterait en comité de gestion une mesure d'urgence pour s'assurer que l'intervention se poursuivra sans interruption. Le règlement prolongeant l'intervention devrait en effet être adopté au mieux en octobre.
« S'agissant des mesures de marché, nous avons déjà déployé presque tous les outils disponibles au titre du filet de sécurité actuel », a déclaré Mariann Fischer Boel, la commissaire européenne à l'Agriculture. Elle a reconnu toutefois que ceci n'avait pas empêché la chute des prix à la production, mais tout de même aidé à stabiliser les prix (qui restent toutefois peu élevés).
En proposant de prolonger la période d'intervention, la Commission veut adresser au marché et aux agriculteurs le signal que « nous n'allons pas permettre que les prix de l'UE descendent en dessous des niveaux de soutien du filet de sécurité qui s'appliquent durant la période normale d'intervention », a dit Mme Fischer Boel. À moyen et à long terme, la demande devrait augmenter et les prix devraient retourner à la normale, a prédit la commissaire. C'est pourquoi le fait de prolonger la période d'intervention est une « dérogation temporaire », a fait valoir la commissaire.
Mme Fischer Boel a confirmé que la Commission adoptera le 22 juillet le rapport (commandé par le Conseil européen) sur l'analyse du marché et les formules possibles pour stabiliser le marché du lait et des produits laitiers. Sur ce texte, la France et l'Allemagne attendent des propositions concrètes (EUROPE n° 9935 concernant la lettre franco-allemande à ce sujet). De ce fait, la Présidence suédoise a décidé d'avancer la date du prochain Conseil Agriculture au 7 septembre (au lieu du 28/29 septembre).
En « points divers », la Lituanie a demandé à la Commission européenne une hausse des restitutions à l'exportation pour certains fromages (Edam, Gouda, Tilsit…). Ce pays proteste contre le fait que les restitutions pour ces produits n'ont pas été augmentées depuis leur réintroduction, en janvier 2009. La demande de la Lituanie a été soutenue par seize autres États membres de l'UE. La Commission a répondu qu'il était vrai que les niveaux de ces restitutions n'avaient pas été corrigés depuis leur réintroduction en janvier, mais que « notre stratégie » en la matière doit rester à la fois « prudente et opérationnelle ». Selon la Commission, l'UE est proche des limites prévues par l'OMC et le flux commercial montre des signes de stabilité. La Commission va continuer à surveiller de près le marché des fromages et réagira en conséquence, « si nécessaire ». (L.C.)