Bruxelles, 13/07/2009 (Agence Europe) - La communauté internationale devrait fixer une échéance pour la reconnaissance automatique de la Palestine même si les Israéliens et Palestiniens ne sont pas parvenus à un accord de paix d'ici là, estime le Haut Représentant de l'UE pour la PESC, Javier Solana. Il plaide aussi pour le retour aux frontières d'avant 1967 lorsque Israël avait pris le contrôle de Jérusalem-Est et de la Cisjordanie. Les paramètres d'une future solution à deux États ont été définis par le Quartette avec le soutien des pays arabes ; maintenant il faut que « les médiateurs fixent aussi le calendrier » pour la mise en œuvre de cette solution des deux États, a affirmé M. Solana lors d'une conférence le 11 juillet à Londres. « Si les parties (Israéliens et Palestiniens) ne sont pas en mesure de s'y tenir (au délai convenu), alors il faut mettre sur la table une solution soutenue par la communauté internationale (…) Passé cette échéance donnée, une résolution du Conseil de sécurité devrait proclamer l'adoption d'une solution à deux États », a affirmé M. Solana. La résolution devrait admettre la Palestine comme membre à part entière des Nations Unies et les pays arabes seraient tenus d'établir immédiatement des relations diplomatiques avec Israël. La résolution du Conseil de sécurité devrait aussi contenir des pistes de solutions aux problèmes de sécurité, des frontières, des réfugiés de 1948 et du contrôle de Jérusalem. Le Haut Représentant de l'UE, qui quittera son poste en octobre, a aussi insisté sur l'importance de fixer les frontières du futur État palestinien. « Nous devons d'abord définir l'espace, c'est-à-dire les frontières. Si nous insistons tellement sur la nécessité d'arrêter la colonisation israélienne (dans les territoires palestiniens), c'est précisément parce que l'expansion continue (des colonisations) est un obstacle à la fixation d'un espace physique » pour le futur État palestinien, explique M. Solana. « Le point de départ doit être les frontières de 1967 » mais des échanges territoriaux pourront être négociés entre les parties. Les différentes offres territoriales varient entre 6 et 2% par rapport à la situation en 1967. « Les parties peuvent négocier à l'intérieur de cette marge (de 2 à 6%) mais pas en dehors », estime M. Solana. Le Haut Représentant juge aussi la situation à Gaza « inacceptable » et plaide pour une réintégration du Hamas dans la recherche d'une solution. « Que l'on aime ou pas, le Hamas devra faire partie de la solution », dit-il. « Je crois sincèrement que le moment est venu de mettre enfin un terme à ce conflit. Le consensus international est là mais le calendrier sera essentiel. La seconde moitié de cette année sera cruciale si nous voulons vraiment offrir un choix réel au peuple palestinien avant les élections (palestiniennes) en janvier 2010 », a conclu M. Solana.
Réaction israélienne négative. La proposition de fixer une échéance pour la reconnaissance automatique de l'État palestinien été immédiatement rejetée par Jérusalem. « Avec tout le respect que j'ai pour Solana, il est près de la retraite... et nous ne devons pas exagérer l'importance de sa déclaration », a commenté le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, cité par Reuters. « La paix doit se construire et non être imposée », a-t-il dit. M. Lieberman s'est aussi interrogé sur la légitimité du président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, en raison du fait que la Bande de Gaza, dans les mains du Hamas, échappe à son contrôle. « Qui représente-t-il exactement? Au mieux, la moitié de son peuple », a-t-il dit. (H.B.)