Bruxelles, 13/07/2009 (Agence Europe) - Sur 1 182 espèces et 216 types d'habitats naturels protégés par la législation communautaire, seuls 17% présentaient en 2006 un bon état de conservation, plus de 50% affichaient un statut non favorable, quand ils n'étaient pas carrément en voie d'extinction comme le lynx ibérique et certains amphibiens. C'est ce que révèle le rapport le plus complet jamais réalisé sur l'état de conservation des espèces et des habitats en Europe. Les habitats de formations herbeuses, les zones humides et côtières sont les plus menacés, principalement en raison de la disparition progressive des modèles d'agriculture traditionnels, du développement du tourisme et des effets du changement climatique. Et l'état de conservation de tous les types d'habitats associés à l'agriculture est le pire puisque 7% seulement sont dans un état favorable contre 21% pour les habitants non associés à l'agriculture.
À en juger par ce rapport publié lundi 13 juillet par la Commission européenne, le tableau est bien sombre, mais non désespéré, puisque certaines espèces emblématiques comme l'ours brun, le loup, le lynx d'Eurasie, le castor et la loutre commencent à recoloniser partiellement leur territoire - signe que les mesures de protection ont des effets positifs. De quoi inciter les États membres à redoubler d'efforts pour préserver la biodiversité, estime la Commission européenne, résolue à renforcer la mise en œuvre de la législation concernant la protection de la nature (directive 92/43/CEE, dite « Habitats » et directive 79/409/CEE, dite «Oiseaux sauvages»). Ce rapport a été élaboré par la Commission européenne sur la base des données fournies par les États membres au titre de la directive « Habitats » (articles 17) pour la période 2001-2006 et des évaluations intégrées (espèces et habitats) réalisées par l'Agence européenne pour l'Environnement (AEE) pour chaque région géographique. Publié tous les six ans, il contient, pour la première fois, des évaluations de l'état de conservation des espèces et des habitats couverts par la directive Habitats et présents sur le territoire des différents pays.
« Nous sommes déterminés à mettre un terme à l'appauvrissement de la biodiversité en Europe, et le rapport publié aujourd'hui montre qu'il ne faut pas baisser la garde. Si l'on veut que les habitats et les espèces vulnérables retrouvent un bon état de conservation, il nous faudra y consacrer du temps et beaucoup d'efforts. La législation communautaire en matière de protection de la nature et le réseau Natura 2000 sont des instruments essentiels pour atteindre les objectifs liés à la préservation de la biodiversité dans l'Union européenne. La partie terrestre du réseau étant quasiment achevée, la situation devrait s'améliorer sensiblement au cours des dix à vingt prochaines années », commente Stavros Dimas, commissaire européen à l'Environnement, dans un communiqué. S'agissant de l'achèvement du réseau Natura 2000, qui compte plus de 25 000 sites et s'étend sur environ 17% du territoire de l'UE, « des progrès ont été enregistrés par l'Allemagne, le Royaume-Uni et la Suède », a précisé Barbara Helfferich porte-parole du commissaire.
Jacqueline McGlade, directive exécutive de l'AEE, ajoute: « En Europe, la biodiversité, toujours soumise à une forte pression, est gravement menacée. S'il est certain que nous n'atteindrons pas l'objectif que nous nous étions fixé, à savoir mettre un terme au déclin de la biodiversité en Europe d'ici à 2010, certains progrès ont néanmoins été constatés ». Pour la période postérieure à 2010, il conviendra, estime-t-elle de fixer des objectifs clairs, ambitieux et mesurables, comme le commissaire l'a suggéré lors de la conférence de haut niveau qu'a accueillie la Commission en avril dernier à Athènes en vue d'identifier les moyens de progresser dans les années qui viennent. (A.N.)