Bruxelles, 13/07/2009 (Agence Europe) - Le commissaire européen chargé de l'Immigration, Jacques Barrot, a annoncé dimanche 12 juillet, qu'il proposerait prochainement à la Libye d'ouvrir sur son sol des bureaux d'accueil pour les personnes en quête de protection internationale. Le commissaire entend se rendre en Libye au mois de septembre en compagnie du haut-commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Antonio Guterres, afin de rencontrer les autorités du pays, a-t-il fait savoir sur EUROPE 1. « J'y apporterai une aide financière pour aider les Libyens à surveiller leurs frontières. Mais je serai très ferme en disant que la Libye doit nous aider à traquer les passeurs et les trafiquants », a-t-il signalé. Le fait de rapatrier en Libye des migrants se trouvant dans les eaux internationales, comme le fait l'Italie, ne constitue « pas la solution », a toutefois expliqué M. Barrot. « Les sauveteurs, notamment de Frontex, peuvent sauver mais ne peuvent pas refouler », a-t-il affirmé, tout en rappelant que ses services avaient demandé aux autorités italiennes des explications, ainsi qu'un certain nombre d'engagements. « Il faut que j'aille m'assurer (en Libye) avec le HCR qu'il y a des possibilités pour les demandeurs d'asile. Il ne s'agit pas de créer des camps de rétention, mais d'ouvrir des points d'accueil des demandeurs d'asile », a-t-il dit. Ce dernier a également critiqué les pays européens qui n'agissent pas suffisamment pour enrayer le problème des flux migratoires, lequel constituera, après la crise économique actuelle, la prochaine crise majeure. « La diplomatie européenne est encore beaucoup trop lente à mettre en place une migration concertée », a-t-il déploré. Si le commissaire a haussé le ton sur la Libye, il a aussi réclamé de plus grands résultats de la part de la Turquie: « Il est inadmissible que la Turquie, qui a su arrêter ces migrations sauvages pendant les Jeux olympiques, laisse aujourd'hui tous ces petits bateaux embarquer à partir de ses côtes pour rejoindre les îles grecques ». Cet afflux d'immigrants a de lourdes conséquences pour la Grèce qui est littéralement « submergée » par les demandes d'asile et donc « elle instruit très mal les demandes d'asile », a regretté M. Barrot. « Il faudra bien essayer de faire en sorte que certaines demandes puissent être instruites dans un autre État membre où les demandeurs ont de la famille », a-t-il rappelé, faisant allusion au projet de modification du règlement de Dublin. Mais, « cela va être difficile », a-t-il reconnu, indiquant que certains États membres mettaient « tous les freins possibles et imaginables » pour ne pas que cette réforme passe. Mis à part l'amendement au règlement de Dublin, le commissaire a déjà proposé des textes sur l'amélioration des conditions d'accueil des demandeurs d'asile et sur la création d'un bureau européen de soutien en matière d'asile. Il présentera en septembre une proposition sur l'harmonisation des procédures d'instruction des demandes d'asile dans l'Union. (B.C.)